25 avril 2013 - 19:39
Tabas, cimetière des agresseurs américains

Le 25 avril 1980, une opération, essentiellement, héliportée de l'armée de l'air américaine, baptisée «serre d'aigles», a, lamentablement, échoué.

ABNA: L'opération s'est déroulée, dans l'oasis iranienne de Tabas, et son objectif consistait à libérer les otages américains, détenus, à Téhéran.

Un avion américain C-130, bourré d'armes et de munitions, et un hélicoptère de l'armée américaine entrent en collision et explosent. Des filets de camouflages, des capsules explosives, des jeeps militaires et des motocross encerclaient un périmètre de quelques dizaines de kilomètres, éclairé par les phares des avions.

40 jours avant le début de l'opération, le dénommé Mohammad Zamani, lié aux services du renseignement américain, avait été dépêché, sur place. Agé de 60 ans, Zamani se rendait, tous les jours, en mission de reconnaissance, à bord d'une voiture officielle, sous prétexte de vouloir localiser des gisements miniers. Cet épisode est relaté, dans les mémoires de l'ancien Président américain, Jimmy Carter.

La victoire de la Révolution islamique, en Iran, a eu lieu, alors que Jimmy Carter tenait les rênes du pouvoir. Sous sa présidence, la représentation diplomatique américaine, à Téhéran, servait de lieu à une intense activité d'espionnage. Les révélations faites, en ce sens, ont incité un groupe d'étudiants iraniens à s'emparer des locaux de l'ambassade et à confisquer des documents et des dossiers y existant. L'initiative a été soutenue par le défunt fondateur de la Révolution islamique, l'Imam Khomeyni, qui a remercié ces étudiants.

L'effondrement du régime du Shâh, principal allié des Etats-Unis, dans la région, et l'occupation de l'ambassade américaine, constituaient un double revers, pour l'administration Carter, à l'approche des échéances présidentielles. Le président américain devait, à tout prix, obtenir la libération des otages, s'il voulait être reconduit dans ses fonctions.

L'ancien président planifie, donc, la libération des otages américains, en faisant appel aux anciens combattants de la guerre du Vietnam. Ces derniers s'étaient démarqués par leur endurance et leur capacité à libérer des captifs et des prisonniers de guerre des mains des Viêt-congs. La mission de libération des otages américains ne pouvaient tomber en de meilleures mains.

Ce groupe avait été entrainé, pendant six mois, dans les déserts du Nevada : les responsables de l'opération avaient pris le soin de reconstruire, dans leurs moindres détails, les bâtiments visés, les quartiers, les ruelles de Téhéran donnant accès à l'ambassade américaine.

A bord du porte-avion "Nixon", 400 appareils américains entrent, ainsi, dans la région du golfe Persique, en prévision des centaines de raids destinés à anéantir les infrastructures et les zones d'habitation, en Iran. Les unités de l'armée américaine, qui devaient débarquer, à Tabas, avaient parcouru un long trajet aérien, survolant, tour à tour, Israël, l'Egypte, la Jordanie et la province iranienne de Kerman. En effet, les systèmes-radar de 17 provinces iraniennes étaient parasités, de façon à ne plus pouvoir détecter les avions américains, dans le ciel de l'Iran. Ce coup de maître, les Etats Unis le devaient à des officiers iraniens fidèles à l'ancien régime, nostalgiques d'un retour de la monarchie au pouvoir.

Le ravitaillement des hélicoptères s'est fait, le soir du 24 avril, à Kerman. Mais le succès tant escompté n'a pas été au rendez-vous. Des problèmes techniques, ainsi que des tempêtes de sable imprévues conduisirent à la déroute et à l'annulation de l'opération.

Neuf militaires américains ont été brûlés vif, dans le crash. Le colonel Bagheri, commandant de l'armée de l'air iranienne de l'époque, a été chargé de faire toute la lumière, sur les détails de l'opération. Accusé de complicité, par la suite, il a été exécuté.

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