8 novembre 2026 - 16:30
La Maison-Blanche cherche de nouvelles voies pour sortir de la guerre contre l’Iran, selon le Washington Post

Après la défaite électorale des républicains aux élections de mi-mandat du Congrès américain, l’administration de Donald Trump explore plusieurs canaux diplomatiques pour mettre fin à la guerre contre l’Iran, que le journal qualifie de défi le plus urgent et le plus difficile auquel la Maison-Blanche est confrontée.

Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Dans une chronique publiée par le Washington Post, David Ignatius rapporte que Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain, avec le soutien de Donald Trump, a demandé à la Chine d’user de son influence sur l’Iran afin de contribuer à mettre fin à la guerre. Un responsable américain au fait du dossier a confirmé que Pékin avait transmis ce message à Téhéran.

Dans le même contexte, le vice-président américain J. D. Vance a été chargé de conduire les démarches diplomatiques de l’administration Trump à l’égard de l’Iran. Le mois dernier, il a adressé une lettre au ton conciliant à Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale. Cette semaine, Vance a également attribué la lourde défaite des républicains aux élections de mi-mandat à la guerre d’agression contre l’Iran.

Ali Zawadi, responsable qatari jouant le rôle d’intermédiaire entre la Maison-Blanche et Téhéran, a déclaré au Washington Post que les responsables iraniens attendaient de voir si les résultats électoraux entraîneraient réellement un changement de comportement de la part des États-Unis. Selon lui, ils ont interprété la lettre de Vance comme un signe de respect et ont accueilli favorablement le fait que celui-ci ait qualifié la guerre d’erreur. Zawadi a toutefois précisé que Téhéran attendait de Washington qu’il traduise concrètement cette position dans ses actes.

La mise en garde de Mohsen Rezaï à Washington

De son côté, le général de division Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, a réagi aux menaces américaines de déclencher une nouvelle guerre contre l’Iran. Dans un message publié sur le réseau X et adressé aux Américains, il a affirmé : « Vous avez perdu à la fois la guerre et les élections. »

Évoquant les conséquences politiques de la défaite électorale, il a déclaré : « Vance a reconnu la défaite, Rubio se dirige vers la sortie, Hegseth est sur le point d’être limogé et le commandant du CENTCOM est désormais devenu un podcasteur. » Faisant allusion aux récentes déclarations tonitruantes de Donald Trump, il a ensuite lancé : « Alors, à qui exactement devons-nous adresser nos messages à Washington ? »

Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale a également adressé un avertissement direct aux États-Unis au sujet de toute nouvelle agression contre l’Iran : « Déclenchez la guerre et vous ferez face à une riposte dévastatrice. »

Mohsen Rezaï avait auparavant conditionné la réouverture du détroit d’Ormuz et toute négociation avec les États-Unis à la mise en œuvre intégrale et explicite des sept conditions de la République islamique d’Iran. Il avait souligné qu’aucun accord ne serait conclu tant que ces conditions ne seraient pas remplies.

Les démarches diplomatiques de Pékin

Par ailleurs, Ali Bagheri Kani, adjoint du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a rencontré Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères, à Pékin au début du mois d’Aban. Lors de cette rencontre, Wang Yi a présenté le dialogue comme la solution aux différends au Moyen-Orient et évoqué le soutien de la Chine à l’Iran.

Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a également déclaré que Pékin était vivement préoccupé par les affrontements au Moyen-Orient et qu’il dépêcherait prochainement un envoyé spécial dans les pays de la région afin de contribuer à la désescalade.

En septembre, lors d’une rencontre à Washington, Donald Trump avait lui aussi demandé l’aide du président chinois Xi Jinping au sujet de l’Iran.

Selon le Washington Post, cette question devrait probablement être de nouveau abordée lors de la rencontre attendue entre Trump et Xi Jinping, le 18 novembre, à Shenzhen, en Chine.

Le rapport du quotidien américain fait ainsi état de plusieurs canaux parallèles utilisés par l’administration Trump pour entrer en contact avec Téhéran : la sollicitation de l’influence chinoise, les échanges épistolaires entre J. D. Vance et Mohsen Rezaï, ainsi que la médiation du Qatar.

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