11 septembre 2026 - 18:05
Yémen : Ansarullah prend le contrôle de la côte de la mer Rouge et de l’île stratégique de Mayyun

Les forces d’Ansarullah ont pris le contrôle des dernières zones côtières de la mer Rouge encore tenues par les forces gouvernementales yéménites au terme d’une opération de 18 heures, étendant ainsi leur contrôle à l’ensemble de cette bande côtière stratégique.

Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Selon des informations de terrain, les forces d’Ansarullah ont progressé vers le sud après le retrait des forces gouvernementales de la ville portuaire d’Al-Mokha. Après une résistance limitée, elles ont pris le contrôle des zones de Dhibab puis de Murad, considérées comme les dernières villes côtières encore sous contrôle gouvernemental.

La superficie totale des territoires conquis au cours de cette opération est estimée à environ 4 500 kilomètres carrés.

La progression s’est également poursuivie en mer. Les forces navales d’Ansarullah ont pris le contrôle de l’île de Mayyun, également appelée Perim, située dans le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, avant de pénétrer sur l’île de Zuqar, où les affrontements se poursuivent.

Un responsable local yéménite a déclaré à l’Agence France-Presse qu’Ansarullah avait désormais pris le contrôle total de la zone de Bab el-Mandeb ainsi que de l’île de Mayyun.

Mayyun, une île au cœur d’un passage maritime stratégique

L’île de Mayyun se trouve au cœur du détroit de Bab el-Mandeb, l’un des principaux passages maritimes reliant la mer Rouge à l’océan Indien. À cet endroit, la Corne de l’Afrique n’est séparée de la péninsule Arabique que par une distance d’environ 19 kilomètres.

L’île a également occupé une place importante dans l’histoire maritime de la région. Elle servait autrefois de station de ravitaillement aux navires britanniques empruntant la route maritime vers l’Inde.

La largeur du détroit de Bab el-Mandeb varie entre 20 et 29 kilomètres. Des analystes militaires estiment que le contrôle de ce passage donnerait à Ansarullah une capacité importante d’action sur le trafic maritime, y compris sans recours aux missiles ou aux drones, notamment grâce à l’artillerie.

À titre de comparaison, le détroit d’Ormuz mesure environ 50 kilomètres de largeur.

Bab el-Mandeb, un passage énergétique devenu stratégique

Bab el-Mandeb est souvent présenté comme un passage maritime complémentaire au détroit d’Ormuz. Les perturbations affectant la navigation dans le golfe Persique ont renforcé son importance comme voie alternative pour le transport de l’énergie et des marchandises.

Près de 10 % du commerce maritime mondial transite par ce détroit, ce qui confère à son contrôle une importance géopolitique majeure.

Mohammed Abdulsalam, porte-parole d’Ansarullah, a pour sa part affirmé que les opérations menées par le mouvement dans les zones côtières étaient « limitées et défensives ». Il a assuré qu’elles prendraient immédiatement fin dès l’arrêt de l’agression et la levée du blocus imposé au Yémen.

Il a également déclaré que le Yémen ne nourrissait aucune revendication territoriale à l’égard des pays voisins et que la navigation ainsi que le commerce international en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb étaient sécurisés.

De son côté, Rashad al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen, a affirmé que le gouvernement et les forces armées yéménites ne permettraient « en aucune circonstance » au régime iranien d’atteindre son objectif présumé de contrôler le détroit de Bab el-Mandeb.

Ansarullah, une force militaire devenue plus puissante

Mohammed al-Masri, professeur d’études des médias à l’Institut de Doha, a déclaré à Al Jazeera qu’Ansarullah était devenu « une force combattante probablement plus avancée que celle à laquelle l’Arabie saoudite faisait face il y a environ une décennie ».

Selon lui, le mouvement dispose non seulement de combattants expérimentés sur le terrain, mais également d’un important arsenal constitué au fil des années, notamment grâce à l’acquisition d’armes iraniennes.

Il a évoqué à cet égard les capacités de défense antiaérienne ainsi que l’arsenal de missiles et de drones dont dispose Ansarullah.

Toutefois, l’analyste a estimé qu’il serait réducteur de considérer Ansarullah comme un simple « instrument de Téhéran ». « Ils ne sont en aucun cas des marionnettes du gouvernement iranien », a-t-il déclaré, soulignant que le mouvement possède sa propre cause nationale et s’inscrit dans une guerre civile dont les origines sont indépendantes des événements survenant en Iran.

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