25 décembre 2016 - 19:00
Ankara rejoint l’alliance Russie-Iran ; les Saoudiens choqués

Choquée et vexée, l’Arabie saoudite ne peut rien faire d’autre que de regarder la Turquie s’approcher de plus en plus de Téhéran et de Moscou sur le dossier syrien.

Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) : Selon le quotidien Rai al-Youm, « Les décideurs politiques en Arabie saoudite éprouvent un profond désarroi après avoir vu le virage à 180 degrés qu’a pris la Turquie sur les questions majeures du Moyen-Orient, un virage surprenant qui a poussé les dirigeants saoudiens à parler dorénavant du dossier syrien avec plus de prudence et de soin. »

Et d’ajouter :

    « Riyad ne pouvait pas s’imaginer que la Turquie, l’Iran et la Russie s’assiéraient un jour à la même table pour discuter de la crise en Syrie. Les Saoudiens ont compté pendant des années sur Ankara et le bras de fer qui les séparait des Égyptiens a détourné leur attention de leurs relations avec la Turquie. »

    « La force aérienne de l’Arabie saoudite a pris part à des exercices militaires très importants en Turquie, dont EFES-2016. D’autre part, l’armée turque a participé, en été, à une manœuvre militaire en Arabie saoudite. Ces exercices militaires en série ainsi que les ballets diplomatiques entre les responsables saoudiens et turcs avaient donné au ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Joubeir le courage de parler d’un renversement du président syrien Bachar Assad par la voie militaire.

    Les autorités saoudiennes espéraient faire de la Turquie un bras militaire grâce auquel elles pourraient mettre à exécution leurs politiques anti-Assad. »

    « À cette époque-là, les évolutions qui se sont produites à l’échelle internationale, telles que l’affaiblissement du rôle militaire des États-Unis au Moyen-Orient et le renforcement de l’influence de la Russie dans cette région, permettaient à l’Arabie saoudite d’aller plus loin dans ses chimères, au point qu’elle est allée jusqu’à demander à Ankara de la rejoindre dans son offensive militaire contre le Yémen.

    Cependant, le changement de la donne militaire au Moyen-Orient, le soutien de la Maison Blanche à la formation d’un État indépendant kurde en Syrie et le revirement du groupe terroriste Daech pour nuire à la Turquie ont poussé le président turc Recep Tayyip Erdogan à changer de cap, sur le plan politique aussi bien que militaire, et l’ont encouragé à rejoindre l’alliance Russie-Iran pour ainsi faire partie des hommes d’État qui soutiennent indirectement le maintien de Bachar al-Assad au pouvoir. »

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