Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) :
Déception saoudienne de la réticence américaine
La tentative militaire de Bandar de pénétrer dans la Ghouta de l’Est avait échoué deux semaines avant la date de son arrivée à Moscou. Des rapports militaires figurent à la table du Kremlin sur le rôle des Saoudiens dans la présentation de facilitations logistiques, via la porte jordanienne afin de provoquer une brèche importante pour permettre l’entrée et la sortie de la capitale Damas. C’est ce qui était prévu suite à l’attentat contre le siège de la sureté nationale syrienne le 18 Juillet 2012, qui a tué entre autre le ministre de la Défense Daoud Rajha et son adjoint Assef Shawkat.
Malgré l'échec de la tentative de pénétrer à Damas pour la deuxième fois, il semble que Bander n'a pas capitulé. Il a affiché devant le président russe la déception de son pays suite à l’acceptation américaine de permettre aux autorités syriennes de participer à Genève 2.
Le chef du renseignement saoudien a dit explicitement avoir été choqué de la position de Washington. Selon lui, « les Américains ont fait preuve du non sérieux et ne possèdent pas de vision claire sur la crise syrienne. Tout ce que j’ai fait tout au long de la dernière période a reçu la bénédiction américaine, et surtout de la part de Barack Obama. Mais soudainement, ils ont changé de cap. Jusqu'à présent, nous ne savons pas quelle est la raison ».
Bandar : «A chaque fois que nous nous rapprochons de vous, vous vous éloignez de nous »
Et Bandar d’ajouter : « Nous avons peur pour notre crédibilité. Les Syriens sont tués quotidiennement par milliers par les mains du régime et du Hezbollah. Entendez les discours des imams des mosquées en Arabie Saoudite. Ils nous imputent la responsabilité de l’effusion du sang syrien. Je ne vous cache pas que nous n’avons plus confiance dans les Etats-Unis. Notre problème c’est qu’à chaque fois que nous nous rapprochons de vous, vous vous éloignez de nous sur le dossier syrien ».
Poutine : « Toute contestation de votre part sera vouée à l’échec »
Face à la déception de Bandar, Poutine n’a pas fléchi : « Il est vrai que les Américains financent certaines organisations militaires d’Istanbul, notamment le front islamique, mais tout le monde sait que vous êtes les plus influents dans le domaine du financement et de l’armement. Moi et le roi Abdallah avons posé une question commune : Quel en est du devenir de la Syrie ? Je pense que votre visite doit porter des réponses précises surtout sur votre décision de mener un changement politique dans votre approche du dossier de la crise syrienne ».
Poutine n’a pas reçu de réponse claire du chef des renseignements saoudiens. Il lui a dit : « Toute protestation par-ci ou par-là sur nos accords avec les Américains dans tout dossier international sera vouée à l’échec. La preuve c’est que nous sommes parvenus à démanteler les armes chimiques syriennes et l’accord nucléaire avec l’Iran. Même les Européens ont commencé à s’adapter au changement survenu dans la position américaine. Nos informations confirment que le roi Abdallah est au courant de ce changement et il se comporte positivement avec ces changements ».
Bandar a essayé de savoir des Russes quels pourraient être les résultats de Genève 2. Poutine a dit: « L’issue proposée est de garder Bachar al-Assad en tant que président au cours de la phase de transition, qui sera dirigée par un gouvernement transitoire, selon les décisions de «Genève 1» et «Genève 2». Le président syrien relèguera temporairement ses pouvoirs à cette commission provisoire en vertu d'un accord international, appuyé par une décision du Conseil de sécurité des Nations Unies.
« Nous sommes convenus avec les Américains de dresser la liste des propositions précises des noms de personnalités qui seront candidates à la direction d’un gouvernement transitoire. Enfin, je voudrai souligner que la Russie n’acceptera pas de marchander l’avenir de Bachar el Assad avec personne. Le peuple syrien doit décider son sort et son avenir et aucun pays n’a le droit de décider à sa place. Il n’existe pas de loi internationale qui permet à tel ou tel pays de déterminer qui a le droit de se porter candidat à la présidentielle que ce soit en Syrie ou ailleurs. Je vous propose de nouveau de participer d’une façon constructive aux préparatifs de Genève 2.
Bandar dans un long congé de maladie dans la capitale américaine
La réponse de Bandar fut concise : Vous avez détaillé votre point de vue. Je ne possède pas de réponse et je dois discuter avec Riyad.
Ensuite, les deux parties ont convenu de tenir une audience le même jour entre l’invité saoudien et le ministre « farouche » Sergueï Lavrov. Lors de cette réunion qui n'a pas duré plus d'une demi- heure, au siège du ministère russe des Affaires étrangères à Moscou, Bandar a dit que les dirigeants saoudiens se sont informés avec une grande attention sur les explications de Poutine. Mais il est clair qu'il existe de grandes divergences en raison de la position russe dure en faveur du régime syrien, malgré l'inquiétude que nous partageons sur la gravité de la situation dans la région.
Par conséquent, « nous pouvons dire qu'il est impossible de parvenir à un accord commun entre nous, et donc je ne peux pas vous donner d’engagements spécifiques. Sachez que je ne possède pas de réponses du roi Abdallah au sujet des questions évoquées par Poutine. L’important est de rester en contact et de nous informer en permanence de vos arrangements avec les Américains pour la tenue de Genève 2 ».
Bandar est rentré à Riyad, et les Russes ont attendu sa réponse. Lorsqu’il a pris du temps pour répondre, ils ont demandé de ses nouvelles avant et après le nouvel an. La réponse fut que Bandar est dans un long congé de maladie dans la capitale américaine.
Changements dans la direction saoudienne
Les rapports indiquent que des changements successifs et lents sont en cours dans la direction saoudienne. Les Russes misent sur l'évolution des rôles de certaines personnalités telles que les princes Mohammed ben Nayef et Abdel Aziz ben Abdallah. Les premières données le révèlent. Pouvez-vous imaginer qu’un vétéran journaliste saoudien, qui est Daoud Sheryan, ose critiquer des symboles religieux soutenus par des dizaines de millions de Saoudiens et d'autres arabes sans le feu vert des centres de pouvoir dans le régime saoudien?
Est-il possible de publier un article exceptionnel sur un écrivain saoudien et dans un journal saoudien, intitulé «Comment gouverner le Liban sans presser sur un bouton quelconque»?
Est-il possible qu’un gouvernement politique rassembleur se forme sans la réticence de l'Arabie saoudite ? Qui sabotait cette formation auparavant ? Où est l'Américain David Hill, que beaucoup de Libanais visitaient à l'époque de l’équation «S-S » (Syrie-Arabie Saoudite : ndlr) et qui les a encouragés à s’y opposer. C’est ce même David Hill qui a décidé actuellement de porter la proposition du « gouvernement rassembleur » de Beyrouth à Paris !
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23 janvier 2014 - 20:30
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