23 octobre 2026 - 11:10
Pakistan : attaques près du port de Gwadar et mort de quatre policiers dans le Khyber Pakhtunkhwa

Une attaque de grande ampleur a eu lieu jeudi soir près du port de Gwadar, dans le sud-ouest du Pakistan, tandis que quatre membres des forces de sécurité pakistanaises ont été tués lors d’un affrontement armé dans le nord-ouest du pays. Le Front de libération du Baloutchistan a revendiqué l’attaque près de Gwadar, alors que la police a annoncé la mort de trois assaillants. Dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, un haut responsable du département de lutte contre le terrorisme figure parmi les quatre policiers tués.

Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Selon le quotidien Al-Araby Al-Jadeed, le Front de libération du Baloutchistan (FLB) a déclaré dans un communiqué que ses combattants avaient attaqué un camp des forces pakistanaises ainsi que trois autres positions à proximité du port de Gwadar. Le groupe a affirmé avoir infligé de lourdes pertes aux forces gouvernementales.

En réponse, la police locale a indiqué dans un bref communiqué que les forces de sécurité avaient repoussé une attaque de grande ampleur menée par des séparatistes baloutches contre plusieurs positions dans la région de Gwadar. Elle a annoncé que trois assaillants avaient été tués.

Le communiqué des autorités pakistanaises n’a pas fourni davantage de détails sur l’opération. Toutefois, des sources locales citant des témoins ont rapporté que plusieurs explosions avaient été entendues et qu’un grand nombre de conteneurs et d’autobus transportant des marchandises avaient pris feu sur la route menant au port de Gwadar.

Quatre policiers tués dans la province de Khyber Pakhtunkhwa

Dans un incident distinct survenu dans le nord-ouest du Pakistan, quatre membres des forces de sécurité ont été tués jeudi soir lors d’un affrontement armé avec des hommes armés dans le district de Karak, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa.

Selon un communiqué de la police pakistanaise, l’incident fait suite à l’installation d’un point de contrôle par des hommes armés sur une route de la région, la nuit précédente. Cette action avait conduit les forces de sécurité à lancer une opération de recherche et de poursuite.

Au cours de cette opération, la police a fait irruption dans une maison située à Chirpara, dans le tehsil de Banda Daud Shah. Selon les autorités, le logement était lié à un commandant armé présumé, identifié comme Qaiser Iqbal. L’intervention a donné lieu à un échange de tirs au cours duquel quatre policiers ont été tués, dont un haut responsable du département de lutte contre le terrorisme.

Les victimes ont été identifiées comme étant Imranuddin Khan, directeur adjoint du département de lutte contre le terrorisme, l’officier Afzal Awan, l’officier Muhammad Kazim, responsable du poste de police de Latamber, et Amjad Khan, membre de l’unité de déminage.

La police a également annoncé la mort de deux hommes armés au cours de l’affrontement.

Cet incident illustre les risques auxquels sont confrontés les policiers et les unités antiterroristes dans cette province, notamment lors d’opérations visant des lieux où sont soupçonnées de se trouver des personnes liées à des réseaux armés. La mort simultanée d’un responsable de la lutte contre le terrorisme et du chef d’un poste de police constitue une perte importante pour les services locaux chargés de l’application de la loi. Toutefois, aucun groupe armé n’a revendiqué de manière certaine la responsabilité de cet affrontement dans les informations disponibles, et les éléments indépendants permettant d’établir l’identité de tous les hommes armés impliqués restent insuffisants.

Deux incidents révélateurs de défis sécuritaires distincts

Bien que les deux événements se soient produits dans des provinces différentes, leur proximité dans le temps souligne l’ampleur des défis sécuritaires auxquels le Pakistan est confronté.

Dans la province du Baloutchistan, les violences sont liées à un conflit de longue date autour du séparatisme, des ressources et de la participation politique. Les forces de sécurité pakistanaises ainsi que des projets économiques sont régulièrement visés par des attaques.

Dans le Khyber Pakhtunkhwa, les difficultés sécuritaires sont principalement liées aux activités de groupes armés, parmi lesquels le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) occupe une place importante. Ce mouvement mène depuis plusieurs années une lutte armée contre l’État pakistanais.

Islamabad accuse des groupes armés de profiter de sanctuaires situés de l’autre côté de la frontière afghane. Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de tensions entre le Pakistan et l’Afghanistan. Les autorités talibanes, de leur côté, rejettent l’idée que le territoire afghan soit autorisé à servir de base à des attaques contre le Pakistan. Ce différend demeure l’une des principales sources de tension entre les deux pays.

Pour les autorités pakistanaises, le défi dépasse la seule réponse militaire. La réduction des violences nécessite également de renforcer les capacités de la police locale, de protéger les infrastructures et les projets économiques, et de traiter les facteurs politiques et sociaux dont les groupes armés cherchent à tirer parti pour étendre leur influence.

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