Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Cinq anciens hauts fonctionnaires américains, dont une éminente conseillère juridique militaire, ont publiquement dénoncé le refus du ministère américain de la Défense de reconnaître la probabilité de l’implication des États-Unis dans la frappe meurtrière contre l’établissement scolaire de Minab. Ces experts estiment qu’il est profondément anormal qu’aucune information, même préliminaire, n’ait été divulguée après une si longue période d’attente.
Lors de cette frappe de missiles survenue dès les premiers jours de l’agression américaine contre le territoire iranien, 168 enfants et éducateurs innocents sont tombés en martyrs. Face à cette atrocité, le Pentagone s’est contenté de répéter de manière laconique au cours des deux derniers mois que l’incident était « toujours en cours d’examen ». Interrogé sur ce manque criant de transparence, un porte-parole du Pentagone a simplement promis que des détails seraient fournis « en temps voulu ».
Pour bien cerner les divergences entre la gestion actuelle et les engagements passés des États-Unis, il convient d’analyser les observations des experts militaires.
Une rupture flagrante avec les normes militaires
Pete Hegseth, le secrétaire américain à la Guerre, a qualifié ce bombardement de simplement « regrettable » lors d’une audition parlementaire, omettant sciemment de condamner ce crime brutal. Rachel E. VanLandingham, colonelle à la retraite et ancienne conseillère juridique principale au Commandement central américain, a souligné que cette posture s’écarte radicalement des réponses standardisées du passé. Selon elle, les administrations précédentes s’efforçaient au moins de démontrer un semblant d’attachement aux lois de la guerre, une volonté de rendre des comptes et de prévenir de telles tragédies qui fait totalement défaut au sein du gouvernement actuel.
Afin de mieux comprendre les motivations derrière ce silence institutionnel, les déclarations politiques récentes offrent un éclairage révélateur sur l’attitude de Washington.
Des allégations infondées et une stratégie d’évitement
Donald Trump a tenté, sans l’ombre d’une preuve, d’imputer la responsabilité de cette attaque à l’Iran, une affirmation si absurde que même les porte-paroles officiels de la Maison Blanche ont peiné à la soutenir. Confronté aux images montrant l’impact d’un missile Tomahawk américain, il a esquivé la question en affirmant de manière fantaisiste que l’Iran posséderait également ce type d’armement. Wes Bryant, ancien conseiller principal du Pentagone pour les frappes de précision, a précisé que les enquêtes initiales déterminent très rapidement si les forces américaines opéraient dans la zone. Selon lui, cette lenteur administrative prouve que les autorités savent pertinemment que les États-Unis sont responsables, mais refusent catégoriquement de l’admettre publiquement.
Cette opacité délibérée se démarque nettement de la gestion d’incidents tragiques antérieurs, soulevant l’indignation au sein même de la classe politique.
Comparaisons historiques et réactions parlementaires
Un autre ancien responsable de la défense a qualifié le niveau d’ambiguïté de ce dossier d’anormalement élevé pour une affaire qui ne présente aucune complexité technique majeure. Sur le plan politique, de nombreux élus démocrates, à l’instar d’Adam Smith, ont exigé des réponses claires, essuyant des retours institutionnels jugés « pitoyables et totalement insuffisants ». Du côté républicain, un silence quasi absolu prévaut.
Historiquement, lors d’incidents mortels pour les civils comme à Kaboul en 2021, à l’hôpital de Kunduz en 2015 ou au refuge d’Amiriyah en 1991, le gouvernement américain avait reconnu sa responsabilité et fourni des informations détaillées en moins d’un mois. Charles O. Blaha, ancien directeur au département d’État, conclut que cette dissimulation actuelle découle d’une réticence à contredire les fausses déclarations initiales du président et d’une culture politique où toute nouvelle négative liée à la guerre est immédiatement taxée de manque de patriotisme.
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