16 août 2019 - 06:52
 Libération du pétrolier iranien par Londres: une défaite humiliante pour les USA, se réjouissent les Iraniens

La « tentative de piraterie » américaine a échoué, s’est réjoui sur Twitter le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, en réaction à la libération du pétrolier iranien par Londres, le jeudi 15 aout.

Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) : Zarif a fustigé « le niveau de mépris qu’a l’administration (du président américain Donald) Trump pour la loi ». Les Etats-Unis, a-t-il ajouté, avaient « tenté d’abuser du système judiciaire et de voler les biens (iraniens) en haute mer ».

Il a ajouté que cette vaine tentative faisait suite à l’échec des États-Unis dans la réalisation de leurs objectifs anti-iraniens par le biais du terrorisme économique.

Pour sa part, l’ambassadeur d’Iran au Royaume-Uni, Hamid Baeidinejad, a déclaré dans un tweet que la décision des responsables de Gibraltar mettait fin à 40 jours de saisie illégale du pétrolier, qui transporte le pétrole iranien.

« Les États-Unis ont fait face à l’échec humiliant de leurs tentatives d’empêcher la libération du pétrolier », a-t-il twitté.

« Jusqu’à la dernière minute, les États-Unis ont tenté en vain d’empêcher la libération du pétrolier, mais ils ont essuyé une défaite humiliante », a ajouté l’envoyé iranien au Royaume-Uni.

Baeidinejad a déclaré que toutes les mesures préliminaires avaient été prises pour assurer que le pétrolier puisse se rendre dans des eaux libres et que « le navire quitterait bientôt la région de Gibraltar ».

Gibraltar a autorisé un pétrolier iranien arraisonné début juillet à partir malgré une demande de dernière minute des Etats-Unis de prolonger l’immobilisation du navire, soupçonné d’avoir voulu livrer 140 millions de dollars de pétrole brut à la Syrie.

La Cour suprême de Gibraltar a levé l’immobilisation dans un document rendu public, incluant des courriers échangés avec les autorités iraniennes.

Le président de la Cour suprême, Anthony Dudley, a décidé que « le navire (n’était) plus détenu », lors d’une audience dans l’après-midi de jeudi 15 aout.

Initialement attendue dans la matinée, cette audience prévue depuis des semaines avait dû être repoussée de plusieurs heures après l’annonce surprise par le ministère public de Gibraltar d’une demande des Etats-Unis de prolonger l’immobilisation du pétrolier, déposée dans la nuit.

Mais le juge Dudley a déclaré qu’il n’avait pas été saisi par écrit d’une telle demande. « Cela ne m’a pas été soumis », a-t-il dit.

Désescalade

La demande américaine avait fait l’effet d’un coup de théâtre alors qu’un accord entre Londres et Téhéran semblait à portée de main après des semaines de tractations diplomatiques.

Sans cette demande reçue à 01h30 jeudi (23h30 GMT mercredi), « le navire serait reparti », avait d’ailleurs souligné le juge Dudley.

Entretemps, le capitaine et les trois officiers du Grace 1, qui étaient en liberté sous caution, ont été formellement libérés.

L’équipage du pétrolier iranien est désormais menacé d’interdiction de visa par Washington.

« Les Etats-Unis affirment que le Grace 1 aidait le corps des Gardiens de la Révolution islamique en transportant du pétrole depuis l’Iran vers la Syrie », a déclaré le département d’Etat dans un communiqué. « Les membres d’équipage de bateaux aidant les Gardiens de la Révolution en transportant du pétrole depuis l’Iran pourraient ne plus pouvoir bénéficier de visas ou être admis sur le territoire américain ».

Le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, a expliqué avoir rencontré des représentants iraniens le 19 juillet à Londres « avec une volonté de désescalade par rapport à tous les différents problèmes soulevés par la détention du Grace1 ».

« J’ai expliqué très clairement que l’arraisonnement du navire était exclusivement liée à l’application des sanctions contre la Syrie », indique-t-il dans son communiqué.

Le Grace 1, chargé de 2,1 millions de barils de pétrole, a été arraisonné le 4 juillet par la police de Gibraltar et les forces spéciales britanniques, ce qui a provoqué une crise diplomatique entre Téhéran et Londres.

Téhéran assurait que le pétrolier naviguait dans les eaux internationales et accusait le Royaume-Uni de « piraterie ».

Début juillet, le chef de la diplomatie espagnole Josep Borrell avait affirmé que l’arraisonnement avait été fait à la demande des Etats-Unis.

Le 19 juillet, l’Iran a immobilisé dans le détroit d’Ormuz un pétrolier britannique, le Stena Impero, soupçonné de « non-respect du code maritime international », une décision vue comme une mesure de représailles par les analystes.

Le Royaume-Uni a redemandé jeudi à Téhéran de relâcher ce pétrolier.

L’immobilisation du pétrolier et le regain de tensions diplomatiques qui en ont découlé ont brouillé les efforts des Etats européens qui tentent de sauver l’accord nucléaire avec l’Iran. Les Etats-Unis se sont retirés de cet accord l’an dernier, imposant de lourdes sanctions à la République islamique.

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