14 mars 2014 - 08:29
L'Egypte a "délibérément" ignoré le Hamas sur le cessez-le-feu à Gaza

L'Egypte s'est entretenue directement avec le Jihad Islamique, choisi comme intermédiaire pour négocier la toute récente trêve avec Israël, en ignorant délibérément le Hamas, ont indiqué mardi un chef du mouvement ainsi qu'un membre de la sécurité égyptienne.

Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) : La décision de négocier directement avec le Jihad Islamique, le groupe militant à l'origine de la grande majorité des tirs de roquettes du mercredi 12 mars, et non avec le Hamas qui gouverne la Bande de Gaza, souligne la tension récurrente entre le pouvoir militaire en Egypte et le parti.

Le leader du Hamas, Ghazi Hamad, a déclaré à la chaîne Al-Mayadeen que leur groupe « n'avait pas été informé par l'Egypte d'un quelconque accord, et que l'Egypte aurait dû se coordonner avec le Hamas. »

Un officiel égyptien, qui a accepté de parler à Ma'an à condition de demeurer anonyme, a confirmé que les Services de la Sécurité nationale égyptienne ont contacté Israël et le Jihad Islamique, mais pas le Hamas, afin de négocier la réactivation du cessez-le-feu de 2012.

Il a précisé que pour la première fois, l'Egypte avait intentionnellement évité le Hamas, préférant s'adresser directement au Jihad Islamique du fait de « leurs bonnes relations et compréhension ».

Il a ajouté que le Hamas a été mis à l'écart à cause « de son attitude provocante envers l'Egypte, de ses ingérences dans les affaires internes du pays et de son soutien à la violence dans le Sinaï. »

Le 4 mars 2014, une cour de justice égyptienne a interdit les activités du Hamas et ordonné que ses avoirs soient saisis. Des représentants officiels du Hamas ont dénoncé ce geste qu'ils ont qualifié de « politique » et « servant l'occupation israélienne. »

Les relations entre Le Caire et le Hamas ont prospéré pendant l'année où le Président Mohammed Morsi a été au pouvoir, mais se sont considérablement détériorées depuis le coup d'Etat militaire de juillet 2013 qui a chassé du pouvoir le leader des Frères Musulmans. Les nouvelles autorités militaires installées au pouvoir en Egypte ont depuis réprimé dans le sang les manifestations des supporters de Morsi, tuant plus de 1400 personnes.

L'armée égyptienne a également détruit plusieurs centaines de ces tunnels souterrains servant à la contrebande qui passent sous la frontière avec Gaza et sont utilisés pour faire entrer dans l'enclave palestinienne le carburant et les matériaux de construction dont elle manque du fait des restrictions israéliennes.

Le Hamas a réfuté les accusations des officiels égyptiens concernant son implication dans les violences qui frappent la Péninsule du Sinaï, où les attaques de groupes militants contre les forces armées égyptiennes se sont multipliées depuis juillet 2013.

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