ABNA- Les mises en garde se multiplient, au
sein même de la majorité, sur les dérapages et autres amalgames que
pourrait provoquer le débat, voulu par Sarkozy, sur la place de l'Islam
en France.
Le président français a remis cette question au centre de l'arène
politique, alors que la Présidente du Front national, Marine Le Pen, qui
fait de ce thème son fonds de commerce, ne cesse de monter dans les
sondages. À la demande du président de la République, l'UMP a décidé de
tenir, le 5 avril prochain, une convention sur la laïcité et l'Islam qui
fait grincer des dents dans les rangs du parti majoritaire. Pour Alain
Juppé, la prudence s'impose. "C'est une question que se posent les
Français, mais si ce débat n'est pas maîtrisé et encadré, il peut
déraper, parce qu'il y a ici ou là, dans certains secteurs de la société
française, un sentiment d'islamophobie et de rejet de l'étranger qui
est, manifestement, exploité par le Front national", a dit, jeudi, le
ministre de la Défense, sur France Inter.
"Méfions-nous de jouer sur les peurs" (Larcher)
Pour Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice, la situation de crise, dans le monde arabe, "impose de différer" le débat. "Bien sûr, le débat sur la place des religions a du sens, estime-t-il, mais, aujourd'hui, la situation internationale crée un trouble", a déclaré l'ancien ministre de l'Industrie, sur Europe 1. "Nous ne pouvons pas débattre de la laïcité, au risque de stigmatiser l'Islam, alors même que le monde a les yeux tournés vers les peuples du monde arabe qui aspirent, légitimement, à plus de démocratie", a-t-il ajouté. Gérard Larcher, le Président du Sénat, n'est pas en reste. "Focaliser sur le seul Islam, ce serait faire une erreur par rapport au principe de laïcité; ce serait, aussi, faire une erreur, parce que ce serait oublier un certain nombre de pans qui concernent d'autres religions que l'Islam", a-t-il déclaré, jeudi, sur i>Télé. "Méfions-nous de jouer sur les peurs", a-t-il ajouté. "Méfions-nous de ne pas affaiblir la laïcité dans un débat qui serait mal préparé, mal conduit, pour répondre à des temps d'opportunité politique, alors que c'est un sujet fondamental".
Un débat "blessant"?
L'ancien ministre UMP, Patrick Devedjian, s'est montré plus critique, encore, qualifiant ce débat de "dangereux" et estimant qu'il ouvrait la porte "à tous les malentendus et à toutes les passions". "Il blesse nos compatriotes musulmans qui s'intègrent, loyalement, à notre pays, pour ne montrer du doigt que les extrémistes musulmans", écrit le député des Hauts-de-Seine, sur son blog. Dominique de Villepin, qui vient de quitter l'UMP et n'a pas attendu ce débat sur l'Islam pour s'opposer à Nicolas Sarkozy, en a parlé, jeudi, au chef de l'État, lors de la première rencontre entre les deux hommes, depuis plus de deux ans. "J'estime, pour ma part, que, dans ces circonstances, il est important de veiller à ce que tout débat chez nous, en France, sur la laïcité, sur l'Islam, ne s'accompagne pas d'une recherche de bouc émissaire", a dit l'ancien Premier ministre à des journalistes, après l'entretien.
"Méfions-nous de jouer sur les peurs" (Larcher)
Pour Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice, la situation de crise, dans le monde arabe, "impose de différer" le débat. "Bien sûr, le débat sur la place des religions a du sens, estime-t-il, mais, aujourd'hui, la situation internationale crée un trouble", a déclaré l'ancien ministre de l'Industrie, sur Europe 1. "Nous ne pouvons pas débattre de la laïcité, au risque de stigmatiser l'Islam, alors même que le monde a les yeux tournés vers les peuples du monde arabe qui aspirent, légitimement, à plus de démocratie", a-t-il ajouté. Gérard Larcher, le Président du Sénat, n'est pas en reste. "Focaliser sur le seul Islam, ce serait faire une erreur par rapport au principe de laïcité; ce serait, aussi, faire une erreur, parce que ce serait oublier un certain nombre de pans qui concernent d'autres religions que l'Islam", a-t-il déclaré, jeudi, sur i>Télé. "Méfions-nous de jouer sur les peurs", a-t-il ajouté. "Méfions-nous de ne pas affaiblir la laïcité dans un débat qui serait mal préparé, mal conduit, pour répondre à des temps d'opportunité politique, alors que c'est un sujet fondamental".
Un débat "blessant"?
L'ancien ministre UMP, Patrick Devedjian, s'est montré plus critique, encore, qualifiant ce débat de "dangereux" et estimant qu'il ouvrait la porte "à tous les malentendus et à toutes les passions". "Il blesse nos compatriotes musulmans qui s'intègrent, loyalement, à notre pays, pour ne montrer du doigt que les extrémistes musulmans", écrit le député des Hauts-de-Seine, sur son blog. Dominique de Villepin, qui vient de quitter l'UMP et n'a pas attendu ce débat sur l'Islam pour s'opposer à Nicolas Sarkozy, en a parlé, jeudi, au chef de l'État, lors de la première rencontre entre les deux hommes, depuis plus de deux ans. "J'estime, pour ma part, que, dans ces circonstances, il est important de veiller à ce que tout débat chez nous, en France, sur la laïcité, sur l'Islam, ne s'accompagne pas d'une recherche de bouc émissaire", a dit l'ancien Premier ministre à des journalistes, après l'entretien.