7 novembre 2026 - 14:06
Irak : Bagdad préparerait des mesures pour empêcher les groupes de résistance de participer à une éventuelle guerre contre l’Iran

Le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat affirme que le gouvernement irakien prendrait des mesures sécuritaires, politiques et préventives afin de contrôler les mouvements des groupes armés et d’éviter que l’Irak ne devienne un théâtre d’affrontement en cas de nouvelle guerre entre l’Iran et les États-Unis. Ces informations reposent toutefois principalement sur des sources irakiennes anonymes.

Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Selon le quotidien, Ali al-Zaïdi, Premier ministre irakien et commandant en chef des forces armées, chercherait à empêcher les groupes de résistance irakiens de prendre part à une éventuelle guerre contre l’Iran. Pour ce faire, il envisagerait d'élargir les prérogatives des commandants de l’armée, de consulter les responsables américains et de solliciter le soutien des forces politiques membres du Cadre de coordination.

Asharq Al-Awsat présente ces initiatives comme faisant partie des efforts du gouvernement irakien pour empêcher que le pays ne devienne l’un des fronts d’un conflit régional. Il convient néanmoins de souligner qu’une grande partie des informations publiées repose sur des déclarations de sources anonymes, sans confirmation officielle et indépendante de l’ensemble des allégations avancées.

Des prérogatives exceptionnelles accordées à l’armée irakienne face aux groupes armés

L’un des principaux éléments du rapport concerne l’octroi présumé de pouvoirs exceptionnels aux commandants militaires par le Premier ministre irakien, afin de leur permettre d’intervenir rapidement face aux mouvements armés.

Citant un responsable sécuritaire irakien, le quotidien affirme qu’Al-Zaïdi aurait autorisé certains commandants de l’armée à intervenir sans obtenir l’autorisation directe du commandant en chef des forces armées, lorsqu’ils constatent des activités armées en dehors du cadre légal.

Selon cette source, le transfert de ces prérogatives viserait à renforcer la capacité d’intervention immédiate des forces militaires et à empêcher les groupes armés de prendre des initiatives indépendantes en période de crise.

Asharq Al-Awsat affirme également que le gouvernement irakien aurait ordonné un renforcement de la surveillance sécuritaire dans les zones frontalières sensibles. Les forces armées auraient ainsi été chargées de surveiller en permanence tout mouvement inhabituel.

Dans ce contexte, les zones frontalières de la région du Kurdistan, au nord du pays, la province de Bassora, au sud, ainsi que la bande frontalière entre l’Irak et la Syrie figureraient parmi les secteurs placés sous une surveillance particulière des commandants militaires.

D’après le quotidien, la province de Bassora revêt une importance particulière dans les dispositifs sécuritaires du gouvernement, en raison de sa position stratégique et des inquiétudes concernant d’éventuelles activités de groupes armés dans certaines zones sensibles.

Les efforts présumés d’Al-Zaïdi pour empêcher la participation de la résistance irakienne à une éventuelle guerre

Une autre partie du rapport porte sur les préoccupations politiques du gouvernement irakien concernant une éventuelle participation des groupes de résistance à un affrontement militaire entre l’Iran et les États-Unis.

Le quotidien affirme qu’au cours d’une réunion avec les dirigeants du Cadre de coordination, qui rassemble les principales forces chiites irakiennes, Al-Zaïdi aurait évoqué la possibilité d’attaques militaires américaines contre l’Iran et demandé aux responsables de ces formations politiques d’agir pour empêcher les groupes qui leur sont proches de participer à un éventuel conflit.

Selon Asharq Al-Awsat, Bagdad craint qu’une intervention des groupes de résistance irakiens en soutien à l’Iran n’expose le pays à une réaction directe des États-Unis et ne plonge les relations entre Bagdad et Washington dans une crise.

Citant un responsable irakien, le quotidien avance que si ces groupes participaient massivement à la guerre, le gouvernement d’Al-Zaïdi pourrait se retrouver dans une situation où Washington considérerait l’Irak comme un pays hostile.

Asharq Al-Awsat affirme par ailleurs que certaines forces politiques membres du Cadre de coordination s’inquiéteraient des conséquences d’un affaiblissement de l’Iran à la suite d’un affrontement militaire, ainsi que de ses répercussions sur leur propre position politique en Irak. Cette situation pourrait compliquer les efforts du gouvernement pour parvenir à une position commune face aux évolutions régionales.

Les liens présumés entre les mouvements des groupes de résistance et les directives du Corps des gardiens de la révolution islamique

Dans la suite de son rapport, Asharq Al-Awsat, s’appuyant sur les déclarations de sources politiques irakiennes, affirme que certains groupes armés auraient actualisé leurs listes de cibles potentielles sur la base de directives attribuées au Corps des gardiens de la révolution islamique.

Le quotidien évoque également un message attribué à l’ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei et adressé aux groupes de résistance, selon un article présenté comme ayant été publié par l’agence Tasnim. Il cherche ainsi à établir un lien entre les évolutions récentes de l’Axe de la résistance et les préoccupations sécuritaires du gouvernement irakien.

Toutefois, l’allégation selon laquelle le Corps des gardiens de la révolution islamique aurait transmis des instructions opérationnelles précises aux groupes irakiens repose essentiellement, dans le rapport d’Asharq Al-Awsat, sur des sources anonymes. Aucun document indépendant n’a été publié pour étayer les détails de ces affirmations.

Les consultations du Premier ministre irakien avec Washington pour contenir les conséquences d’une guerre

Selon Asharq Al-Awsat, parallèlement aux mesures sécuritaires internes, le Premier ministre irakien aurait également intensifié ses contacts politiques avec les responsables américains.

Évoquant la rencontre entre Tom Barrack, envoyé spécial du président américain pour l’Irak, et Ali al-Zaïdi, le quotidien rapporte que le représentant américain aurait insisté sur l’importance des efforts du gouvernement de Bagdad pour maîtriser les éventuelles crises.

D’après le même rapport, lors d’un entretien téléphonique avec Donald Trump, Al-Zaïdi aurait également réaffirmé la position de son gouvernement, qui consiste à empêcher que le territoire irakien soit utilisé pour attaquer les pays voisins.

Asharq Al-Awsat affirme en outre que les consultations diplomatiques américaines avec les responsables de la région du Kurdistan irakien se poursuivraient également autour des développements liés à l’Iran et du risque d’élargissement des tensions militaires dans la région.

Les plans d’urgence de Bagdad face aux conséquences potentielles d’une guerre

Dans une autre partie de son article, Asharq Al-Awsat évoque les préparatifs civils du gouvernement irakien. Le quotidien affirme que le Conseil ministériel de sécurité nationale aurait examiné différents scénarios destinés à gérer une situation d’urgence.

Selon le rapport, plusieurs mesures auraient été envisagées lors des réunions sécuritaires à Bagdad, notamment le passage éventuel de l’enseignement scolaire à distance, la protection et la numérisation des documents sensibles de l’État, ainsi que la préparation de moyens d’accueil pour d’éventuels déplacés.

Toutefois, les sources gouvernementales citées par le quotidien auraient précisé qu’aucune décision définitive n’avait encore été prise concernant la mise en œuvre de certaines de ces mesures, notamment le changement des modalités de fonctionnement des écoles et des administrations.

Ces mêmes sources affirment que la planification d’urgence du gouvernement irakien aurait commencé en mars dernier et serait régulièrement actualisée en fonction de l’évolution de la situation sécuritaire régionale.

Ainsi, contrairement à ce que pourrait laisser entendre une lecture de certains rapports, l’existence de ces plans ne signifie pas nécessairement que toutes les mesures d’urgence ont déjà commencé à être appliquées en Irak.

La publication de rapports économiques visant les Kataëb Hezbollah à l’approche d’une éventuelle guerre

La dernière partie du rapport d’Asharq Al-Awsat porte sur la publication d’informations et d’allégations concernant les activités économiques de certains groupes de résistance irakiens, en particulier les Kataëb Hezbollah.

Le quotidien écrit que, parallèlement à la montée des inquiétudes concernant un éventuel conflit militaire régional, des informations sur les réseaux d’entreprises et les intérêts économiques attribués à certains commandants de groupes armés et à leurs proches auraient été diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Asharq Al-Awsat reconnaît toutefois qu’il est difficile de vérifier ces informations.

Selon le quotidien, la publication de tels rapports soulève des interrogations quant à l’éventualité d’une campagne médiatique visant à affaiblir la position sociale et politique des groupes de résistance irakiens.

Dans cette perspective, la concomitance entre la diffusion d’allégations économiques visant les Kataëb Hezbollah et les pressions politiques destinées à empêcher la participation des groupes de résistance à une éventuelle guerre contre l’Iran constitue l’un des aspects relevés dans le rapport d’Asharq Al-Awsat. Cette simultanéité ne suffit toutefois pas, à elle seule, à démontrer l’existence d’une opération médiatique coordonnée.

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