Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) : Dans un discours prononcé à l’occasion de la commémoration du martyr de Abbas el-Yatama, alias “Abou Maytham”, un cadre militaire de la résistance, le secrétaire général a affirmé « qu’il n’y a rien qui s’appelle sanctions internationales. Les sanctions en cours sont américaines. Mais certains craignent les États-Unis plus que Dieu ».
« Les États-Unis pensaient que nous n’allions pas importer des carburants d’Iran, mais ils ont été surpris lorsque nous l’avons fait. Le processus a pris un peu de temps, et nous attendions de voir comment allait se développer la situation au Liban. Lors du dixième jour de Achoura (jeudi dernier), j’avais dit que dans quelques heures le premier navire allait prendre le large. En ce moment, le navire est déjà en chemin », a affirmé le numéro un du Hezbollah.
« Je vous l’annonce maintenant : un deuxième navire prendra le large dans les prochains jours, et d’autres suivront. Ces quantités d’hydrocarbures seront destinées à tous les Libanais et aux résidents, et non pas seulement au Hezbollah ou aux musulmans chiites. Mais nous ne nous posons pas en substitut de l’État », a fait savoir Sayed Nasrallah.
« Nous voulons briser le marché noir et les prix inhumains. Nous voulons alléger la souffrance des gens. Et nous voulons aider à tous les niveaux possibles. Nous allons continuer de réclamer à l’État de former un gouvernement, contrôler la contrebande et le marché », a ajouté le chef du Hezbollah.
« Les accapareurs doivent être arrêtés et jetés en prison pour les dissuader. Qu’il s’agisse de ceux qui exercent un monopole ou de trafiquants », a-t-il souligné.
Discuter avec Damas
Quelques heures après le discours de Sayed Nasrallah jeudi dernier, l’ambassadrice des États-Unis au Liban, Dorothy Shea, avait informé la présidence libanaise que l’administration américaine avait approuvé un projet qui permettrait d’approvisionner le Liban en électricité, notamment via la Syrie.
Le chef du Hezbollah a interprété la proposition américaine comme « un allégement des sanctions US en vertu de la loi César, car ce projet implique de discuter avec le pouvoir en Syrie ».
« Tous ceux qui veulent aider le Liban sont les bienvenus. Mais cela doit se faire dans les règles, il faudra aller en Syrie avec une délégation officielle et dialoguer de manière officielle. En tout cas, jusque-là, il ne s’agit que de paroles.
Sayed Nasrallah a d’autre part indiqué que « la déclaration de l’ambassadrice américaine sur les projets sur lesquels les USA imposaient des vetos depuis des années, montre leur mensonge. Le projet (du gaz égyptien) dont a parlé l’ambassadrice américaine a besoin de 6 mois à un an pour se réaliser et doit être tout d’abord discuté avec la Syrie et le Liban doit mener ces discussions. L’ambassadrice américaine nous vend des illusions, Mais si cela se concrétise, nous ne serons pas dérangés le blocus américain sur le Liban aura été brisé », a affirmé le chef du Hezbollah.
« L’administration américaine devrait lever son veto sur tout pays tiers voulant soutenir le Liban si elle voulait vraiment l’aider », -t-il insisté.
Forages iraniens
Sayed Nasrallah est allé encore plus loin dans son défi à ‘Israël’ et aux États-Unis, proposant que l’État libanais signe des contrats avec des sociétés de forages iraniennes afin d’exploiter les hydrocarbures off-shore, un dossier épineux qui se trouve bloqué en raison de l’impasse dans les discussions indirectes entre ‘Israël’ et le Liban autour des zones maritimes litigieuses.
« Si aucune société n’est prête à effectuer des forages au large du Liban pour exploiter les hydrocarbures, il y a des sociétés iraniennes, qui ont une grande expérience, qui sont prêtes à le faire. Il est inacceptable que ces ressources restent inexploitées. Il y a de grandes quantités au large du Liban, et tous propos contraires à cela sont mensongers. Je propose au prochain gouvernement de travailler avec des sociétés iraniennes qui ont le courage de forer et d’extraire du pétrole et du gaz et n’ont pas peur des bombardements israéliens. Qu’Israël ose les bombarder », a lancé Sayed Nasrallah.
Les USA derrière le démantèlement de l’État ?
Au début de son allocution, le secrétaire général du Hezbollah a fait assumer aux États-Unis la responsabilité du « démantèlement de l’État et de la société libanaise ».
Sayed Nasrallah a affirmé que « la bataille menée au Liban contre la Résistance et les forces nationales est directement dirigée par l’ambassade américaine. Ces parties sont celles qui veulent réellement que les ressources du Liban soient les propriétés des Libanais. Notant le fait que : Quand les avions militaires israéliens ont violé l’espace aérien libanais pour mener une agression sur la Syrie, personne parmi les parties libanaises qui prétendent la souveraineté n’ont prononcé aucun mot de condamnation ! « .
Et de rappeler : « Les Etats-Unis mènent cette bataille depuis 2005 et ils ont échoué. Les Etats-Unis et l’Arabie saoudite ont tenté d’amener le Liban à une guerre civile et ont échoué. Quelle est leur alternative ? Le démantèlement de la société et de l’État, des partis, des forces politiques, des familles, des régions et des communautés, et ce depuis le 17 octobre 2019 ».
« Au lieu de la guerre civile, ce sont les gens qui s’entre-tuent dans les stations essence, et demain ce sera le cas devant les boulangeries et dans les supermarchés, et le pays sera pris dans le chaos. La question est plus grande que le fait de retourner la population contre la Résistance », a-t-il souligné.
Sayed Nasrallah a réitéré que le Hezbollah d’aujourd’hui est plus fort qu’avant, « si je dévoile le nombre de membres du Hezbollah aujourd’hui, nos ennemis seront effrayés, parce que le facteur humain est plus important que tout autre facteur ».
Et d’ajouter : « le pays est laissé à la dérive. Certes, l’armée et la police sont mobilisées, mais tout ce qui se passe est planifié. On veut que l’État et les partis politiques s’effondrent. Certains pensent que le Hezbollah est le seul visé, mais détrompez-vous, toutes les formations le sont. C’est de là que vient le slogan +Tous veut dire tous+ ».
« On cherche à remplacer les partis par des ONG. C’est après toute cette pression qu’on viendra imposer un gouvernement, une loi électorale et un accord avec Israël. C’est ce que veulent les États-Unis. Il s’agit d’une guerre, et nous sommes dans la confrontation. Mais ce n’est pas le Hezbollah qui peut diriger le pays vers l’Est, vers la Russie et la Chine. C’est à l’État de le faire. Le Hezbollah ne peut pas s’y substituer » a réaffirmé Sayed Nasrallah.
L’image héroïque à Gaza doit entrer dans l’Histoire
Sayed Nasrallah a conclu son discours en mentionnant l’image héroïque des jeunes palestiniens qui projettaient arracher l’arme du sniper israélien caché derrière un mur fortifié à la frontière de Gaza. Puis, ils ont tiré vers le soldat à travers une fente. Cette scène symbolisant la volonté et l’espoir est digne d’entrer dans l’Histoire ».
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