26 octobre 2014 - 12:00
Georges Ibrahim Abdallah : le plus ancien prisonnier politique en Europe

Georges Ibrahim Abdallah est un « révolutionnaire libanais », emprisonné depuis 30 ans en France. Un tribunal français décidera le 5 Novembre prochain de la libération de Georges Ibrahim Abdallah, emprisonné en France depuis 30 ans.

Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) : Le 24 Octobre 1984, Georges Ibrahim Abdallah est arrêté dans un commissariat de police à Lyon où il cherchait refuge contre les assassins du Mossad israélien, pensant qu’ils le poursuivaient. Depuis, condamné à la prison à vie, il aura passé ce vendredi 24 Octobre, trente années derrière les barreaux.

Ce libanais issu d’une famille chrétienne, originaire de Kobayat dans le nord du Liban est aujourd’hui âgé de 63 ans ; il a fondé en 1980 avec 4 de ses frères et 5 autres membres de sa famille, les « Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises », il s’agit d’un petit groupe marxiste pro-syrien et anti-israélien. Le groupe a revendiqué sa responsabilité dans 5 attentats dont 4 attaques sanglantes en France entre 1981 et 1982.

Lors de son procès à Lyon en 1986, il a été jugé coupable de complicité dans l’assassinat de deux diplomates, l’américain Charles Ray à Paris et l’israélien Yacov Barsimentov à Boulogne-Billancourt. L’arme utilisée contre les deux hommes était un pistolet de calibre 7.65 mm qui lui appartenait.

Cet ancien instituteur, fils d’un sous-officier de l’armée libanaise et appartenant à la communauté grecque orthodoxe a déclaré devant ses juges : « Je suis un combattant pas un criminel », il a ajouté « la voie que j’ai suivie m’a été imposée par les atteintes aux droits de l’homme perpétrées contre les palestiniens ».

Sa « libération immédiate » fut l’une des demandes du Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et au Proche-Orient qui a revendiqué sa responsabilité dans les attentats qui ont fait 13 morts et 250 blessés en France en 1985-1986.

Georges Ibrahim Abdallah devenu au fil du temps l’un des plus anciens détenus en France, a su garder ses idéaux de jeunesse, il n’a ni renié ses convictions, ni montré le moindre regret. Il est actuellement emprisonné dans les Hautes-Pyrénées à Lannemezan.

Dans un communiqué de l’Agence France Presse (AFP), son avocat Me Jean-Louis Chalanset a déclaré que « Georges Ibrahim Abdallah était le plus ancien prisonnier politique en Europe » et qu’il « faisait partie de la révolution libanaise et luttait contre Israël et les États-Unis d’Amérique, c’est pourquoi il n’a jamais exprimé de regret ».

L’avocat a aussi ajouté « il a toujours refusé de travailler en prison. Il lit beaucoup et reste informé de la situation politique au Liban et dans la région. J’ai rarement vu une personne ayant passé une aussi longue période en prison, posséder une culture aussi élevée. »

Georges Ibrahim Abdallah est éligible à une libération conditionnelle depuis plusieurs années mais ses huit demandes ont été rejetées par la Cour de cassation. Une neuvième demande a été présentée, la décision du tribunal d’application des peines est attendue pour le 5 Novembre 2014.

Selon Me Chalanset « les américains constitués en partie civile s’opposent et continueront à s’opposer à sa libération », il a également déclaré « cependant, il y a déjà eu un précédent ; en Allemagne, un membre de la Fraction Armée Rouge condamnée pour l’assassinat d’un diplomate américain a été libérée, nous espérons que la France suivra ces pas. »

Avec le temps, le cas de Georges Ibrahim Abdallah a ému de nombreux militants proches de l’extrême gauche qui accusent les gouvernements français successifs d’acharnement, ils organisent des manifestations et continuent à demander sa libration.

Alain Pojolat, membre du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) est l’un de ses défenseurs. Il a déclaré à l’AFP : « Georges Ibrahim Abdallah est un militant de la cause palestinienne et de la libération du Liban, la France et surtout les forces politiques de Gauche l’ont abandonné. Nous pouvons comparer sa situation de prisonnier à celle de Nelson Mandela ».

Il a ajouté que « les diplomates tués n’étaient pas des civils » et « qu’il était accusé de complicité, ce qui est très éloigné des attentats à la bombe ayant entraîné un grand nombre de morts civiles. Georges Ibrahim Abdallah est un combattant communiste révolutionnaire libanais qui a toujours refusé de se trahir et de trahir sa cause ».

Au Liban, le sort de Georges Ibrahim Abdallah est devenue « une question nationale » comme le confirme Chalanset. A l’occasion d’une visite officielle à Paris en Février 2012, le premier ministre libanais Najib Mikati a demandé au gouvernement français de libérer son compatriote qu’il a qualifié de « prisonnier politique ». Depuis, selon l’avocat, les autorités libanaises se sont engagé à le prendre en charge et à le ramener au Liban une fois libéré.

Samedi, au lendemain du trentième anniversaire de l’arrestation d’Abdelkader Saadi (nom de code de Georges Ibrahim Abdallah), le comité de soutien à Georges Ibrahim Abdallah appelle à un « rassemblement national » sous les fenêtres de sa prison à Lannemezan.

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