12 décembre 2013 - 20:30
Maman voilée, privée de goûter « au nom de la laïcité »

Dans le département de l’Oise, en Picardie, une école maternelle de la commune de Méru a organisé un goûter. Or, une mère s’est vu refuser l’entrée dans l’établissement. Sans surprise, il s’agit évidemment d’une mère voilée.

Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) :  Entrée interdite aux mères voilées

Le goûter a été organisé le 21 novembre dernier dans l’école maternelle Voltaire. Alors que la mère voilée voulait y assister, la directrice lui a interdit l’accès à l’école, « au nom de la laïcité ». Cette réaction démesurée ne semble pourtant pas choquer les politiques de la ville. En effet, le maire UMP de Méru, Yves Leblanc a affirmé « Bien sûr que je suis au courant de cette histoire », comme s’il s’agissait d’un épisode anodin.

Cela est d’autant plus consternant que la maman était venue pour aider les autres bénévoles afin de préparer le goûter en question. Venue pour aider mais aussitôt recalée, car la directrice s’est empressée d’exécuter la fameuse « charte de laïcité de l’école » selon laquelle il ne doit pas y avoir « de signes ostentatoires de religion pendant le temps scolaire. » Elle lui a donc refuser l’accès dans l’enceinte de l’école, bien qu’il s’agisse d’un temps hors scolaire.

Des réactions suite à cette décision


Cette décision a révolté de nombreux parents d’élèves venus eux aussi pour aider. Comment a donc réagi la directrice afin de calmer ces parents et de réparer cette injustice ? Elle a tout bonnement annuler le goûter.

En effet, cela lui était sans doute insupportable de laisser cette mère avoir autant de droits que les autres parents. L’annulation du goûter a donc été la « solution » pour faire taire son injustice et satisfaire son désir d’exclure cette mère.

La réaction de la directrice relève clairement de l’acharnement, si bien que des non musulmans comme les parents se disent outrés. De même, Emmanuel Roy, directeur académique des services de l’éducation nationale de l’Oise a souligné que « pour quelque chose de festif, hors temps scolaire, les gens peuvent venir évidemment comme ils le souhaitent ». La réaction de la directrice face à la mère voilée ainsi que sa décision d’annuler le goûter ne relève donc pas du fameux « principe de laïcité » comme elle le prétend mais seulement de sa propre volonté ou plutôt de son rejet de l’Islam.

De son côté, la mère voilée a fait appel au « Comité 15 mars et Libertés » et a lancé une pétition pour dénoncer cette « laïcité qui ne s’attaque qu’aux musulmans et porte atteinte non seulement aux mamans concernées, mais aussi à leurs enfants, qui voient ainsi leurs mamans discriminées et exclues ». Malgré le soutien de certains parents, d’autres semblent s’être désistés car sa pétition ne présente que peu de signatures.

Suite à cela, la directrice s’est empressée de lancer sa propre pétition, contre la mère voilée et en faveur de sa décision. Un affrontement a donc lieu entre deux « clans » opposant ainsi les parents d’élèves.

Pour revenir au goûter prévu au départ, après l’avoir annulé, la directrice a annoncé qu’il aura lieu « mais sans bénévoles, avec uniquement les enfants et les enseignants ». Elle sera donc rassurée : aucune femme voilée ne fera l’entrée dans son école.

Cet épisode révèle qu’une fois de plus les mères voilées sont mises à l’écart. Il est surprenant de constater que ceux qui dénoncent un communautarisme des musulmans sont ceux-là mêmes qui rejettent en bloc les musulmans.

Après être privées de sorties, les mamans voilées sont privées de goûter. Prochaine étape : privées de dessert ? Comme quoi, la « laïcité » met en place des punitions infantiles, à l’image de ceux qui la prônent.

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