Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Dans son message vidéo au Congrès international sur le halal et la santé, l’ayatollah Reza Ramezani, secrétaire général de l’Assemblée mondiale d’AhlulBayt, a souligné la nécessité de renforcer les échanges scientifiques entre les savants religieux et les spécialistes de la santé. Il a estimé que la réflexion sur la santé ne devait pas se limiter à l’alimentation saine, mais devait également intégrer la dimension spirituelle.
Après avoir remercié les organisateurs de cette rencontre, il a rappelé que la continuité de telles réunions scientifiques et la mise en place d’une coopération entre les différentes disciplines étaient indispensables pour approfondir la compréhension des liens entre alimentation, santé et spiritualité.
La vie bonne : le lien entre foi, bonnes œuvres et santé
Évoquant la notion coranique de « vie bonne » (hayat tayyiba), l’ayatollah Ramezani a cité le verset 97 de la sourate An-Nahl : « Quiconque, homme ou femme, accomplit de bonnes œuvres tout en étant croyant, Nous lui ferons vivre une bonne vie. »
Il a expliqué que la foi véritable et les convictions authentiques apportaient la sérénité à l’être humain, tandis que les bonnes œuvres contribuaient à la réalisation de cette vie bonne.
Selon lui, les prescriptions du Coran relatives aux actes humains peuvent toutes contribuer au bonheur et à la santé de l’individu. Les limites établies par les notions de licite et d’illicite visent ainsi à favoriser son développement, aussi bien spirituel que physique.
Les prescriptions islamiques fondées sur les intérêts et les préjudices
Le secrétaire général de l’Assemblée mondiale d’AhlulBayt a rappelé que, selon la conception islamique, l’ensemble des prescriptions religieuses repose sur la prise en compte des intérêts et des préjudices. Ce qui sert l’intérêt de l’être humain et contribue au bien-être de son âme et de son esprit peut être considéré par le Coran comme obligatoire ou recommandé, tandis que ce qui comporte une corruption ou un préjudice est déclaré illicite.
Il a également cité le verset 168 de la sourate Al-Baqara : « Ô hommes ! Mangez de ce qui se trouve sur la terre, ce qui est licite et bon. »
À ses yeux, le caractère halal traduit le respect de la volonté législative divine, telle qu’elle se manifeste dans la loi religieuse, et constitue une source de sérénité pour l’être humain. Il a souligné l’importance de connaître cette volonté, rappelant que les jurisconsultes s’efforcent de l’identifier à partir de preuves fiables et solides, afin de déterminer ce qui est bénéfique ou nuisible à l’être humain.
Ce qui est bénéfique peut, selon les cas, relever de l’obligation ou de la recommandation, tandis que ce qui entraîne un préjudice peut être considéré comme interdit. Les prescriptions divines et les limites qu’elles fixent reposent donc, selon lui, sur des considérations liées au bien et au mal.
Halal et tayyib : l’accord entre la loi divine et la nature humaine
L’ayatollah Ramezani a ensuite insisté sur la complémentarité des notions de halal et de tayyib. La première renvoie au respect de la volonté législative de Dieu, tandis que la seconde désigne ce qui est bon et conforme à la nature et à la disposition originelle de l’être humain.
Il a estimé que l’harmonie entre ces deux dimensions revêtait une importance particulière et devait faire l’objet d’une attention soutenue.
La crise de la spiritualité et de la morale dans le monde contemporain
Abordant la situation du monde actuel, il a observé que, malgré les progrès technologiques et industriels, les sociétés connaissaient une forme de déperdition spirituelle et un éloignement de la véritable sérénité et des valeurs morales. Il a décrit cette situation comme une impasse éthique.
Les crises morales, l’affaiblissement de l’institution familiale, la propagation de nouvelles maladies liées à une alimentation malsaine ainsi que les dérives financières et structurelles témoigneraient, selon lui, des limites des systèmes matérialistes à assurer le bonheur de l’humanité.
La promotion du halal et du tayyib, au-delà des intérêts commerciaux
Dans ce contexte, l’ayatollah Ramezani a affirmé que la promotion des notions de halal et de tayyib, ainsi que l’engagement concret en faveur de leur respect, ne relevaient pas d’un simple calcul commercial, mais devaient être considérés comme une mission religieuse et divine.
Il a souligné l’importance du lien indissociable entre ces deux notions et des effets existentiels des prescriptions divines. Selon lui, les règles religieuses, qui contribuent à la sérénité de l’être humain, sont en harmonie avec l’ordre de la création et la structure même de son existence.
Cette concordance est, a-t-il ajouté, une condition de la sérénité humaine et doit être prise en compte dans la vie collective et dans le mode de vie des croyants.
Il a ainsi appelé à porter un regard plus approfondi sur la notion de halal et à la considérer comme l’une des limites établies par Dieu. En prenant conscience de cette réalité et en s’éloignant des économies sans frontières et des pratiques alimentaires dépourvues de repères divins, l’humanité pourrait, selon lui, s’orienter vers le bonheur et une vie plus équilibrée.
La filière halal mondiale face à l’offensive culturelle et au consumérisme
Le secrétaire général de l’Assemblée mondiale d’AhlulBayt a également évoqué ce qu’il a qualifié d’offensive culturelle et morale menée par le système de domination. Selon lui, le système capitaliste mobilise les moyens de communication pour orienter les modes de vie vers le matérialisme, le consumérisme excessif, la consommation de produits impurs et la transgression des valeurs et des limites légales.
Il a estimé que cette évolution risquait d’entraîner des déséquilibres dans les domaines de la santé et de la spiritualité. Dans ce contexte, le développement de la filière halal à l’échelle internationale pourrait constituer un rempart solide contre l’influence de la culture matérialiste contemporaine.
Expliquer la dimension spirituelle de la subsistance
L’ayatollah Ramezani a par ailleurs insisté sur la nécessité de présenter une explication juste de la philosophie spirituelle de la subsistance. Une telle démarche permettrait, selon lui, de faire connaître à la société les valeurs humaines et divines fondamentales, susceptibles de devenir des sources de progrès moral et humain.
Cette approche contribuerait également à promouvoir une conception globale de l’être humain, qui ne se limite pas à ses dimensions matérielles.
L’éthique des affaires et la formation au droit islamique
Il a également appelé à accorder une attention particulière à l’éthique des affaires, parallèlement aux questions économiques. Selon lui, les personnes doivent recevoir, avant leur entrée dans la vie professionnelle, une formation aux règles du droit islamique adaptées à leurs activités économiques et à leurs métiers.
Il a estimé que l’ensemble de ces initiatives pouvait favoriser une dynamique collective et contribuer à la construction d’une civilisation islamique. Il a exprimé l’espoir que la tenue de telles rencontres aide à concrétiser cet objectif.
Une approche globale de la santé au service de la civilisation islamique
Enfin, rappelant que le projet du système islamique et de la République islamique d’Iran s’inscrivait dans une perspective de construction civilisationnelle, l’ayatollah Ramezani a appelé à adopter une approche globale de la santé.
Il a notamment souligné la nécessité de mieux faire comprendre à tous, en particulier aux jeunes générations, les liens entre santé, caractère halal et caractère tayyib des aliments. Il a également appelé les médias à accorder une place plus importante à ces questions.
Pour conclure, il a estimé que le renforcement de la coopération entre les scientifiques et les jurisconsultes pourrait favoriser le développement spirituel et moral ainsi que l’amélioration de la santé physique, psychologique et spirituelle de la société. Il a remercié les organisateurs et les participants, leur souhaitant de réussir dans la réalisation des objectifs de cette initiative.
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