Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : L’inauguration de la mosquée avec une clé en argent
Lors de la cérémonie, Maulana Abdul Rahim Dard, imam de la mosquée, a récité une prière ainsi qu’un chant religieux, avant d’inviter Khan Bahadur Sheikh Abdul Qadir, juriste, avocat et homme politique indien, à ouvrir les portes de l’édifice.
Recevant une clé en argent, Sheikh Abdul Qadir l’a introduite dans la serrure et a déclaré : « Au nom du Dieu miséricordieux, j’ouvre cette maison de prière. » Une fois les portes ouvertes, l’intérieur de la mosquée est apparu aux visiteurs, avec ses murs sobres et son dôme. Les fenêtres hautes et étroites avaient également été conçues pour favoriser l’entrée de la lumière naturelle dans le climat peu ensoleillé de l’Angleterre.
Le message de l’imam : la mosquée, symbole d’unité et de fraternité
Dans son discours, Maulana Abdul Rahim Dard a qualifié l’inauguration de la mosquée d’événement exceptionnel. Il a expliqué que cet édifice avait été construit pour glorifier Dieu et exprimer la soumission de l’être humain au Créateur. Selon lui, devant Dieu, les êtres humains se rejoignent dans l’unité, indépendamment de leur âge, de leur statut social, de la couleur de leur peau ou de leur origine géographique.
Il a présenté la nouvelle mosquée comme un symbole de la fraternité humaine, rappelant que les différences apparentes ne devraient pas devenir une source d’hostilité ou de conflit.
Évoquant ensuite la diversité des opinions, qui a toujours existé et continuera d’exister au sein des sociétés humaines, l’imam a souligné que la différence n’était pas en elle-même préjudiciable et qu’elle pouvait même favoriser le progrès. S’appuyant sur les enseignements de l’islam, il a estimé que le véritable problème résidait dans le sectarisme et dans une conception excessive de l’unité, qui conduit à l’intolérance envers autrui. Il a affirmé que le monde avait avant tout besoin de développer l’esprit de tolérance et d’ouverture, afin que les êtres humains puissent vivre ensemble dans l’affection et le respect mutuel, malgré leurs divergences de croyances et de points de vue.
Une mosquée ouverte aux fidèles des autres religions
Maulana Abdul Rahim Dard a insisté sur le fait que la mosquée était la maison de Dieu et qu’elle n’appartenait à aucune personne ni à aucun groupe en particulier. Nul ne devait donc en être exclu en raison de ses convictions.
À l’appui de cette position, il a évoqué un épisode de la vie du Prophète de l’islam (PSLF) : un groupe de chrétiens était venu le rencontrer pour discuter de questions religieuses. Lorsque le moment de leur prière était arrivé, le Prophète leur avait permis d’accomplir leur office dans la mosquée même.
L’imam a affirmé que les portes de la mosquée de Londres seraient elles aussi ouvertes à toute personne souhaitant y adorer Dieu, à condition qu’elle respecte les règles nécessaires au bon fonctionnement du lieu et ne perturbe pas la prière des autres fidèles.
Une critique du sectarisme et un appel à la coopération entre musulmans
Dans une autre partie de la cérémonie, Sheikh Abdul Qadir, qui n’appartenait pas lui-même à la communauté ahmadie, a évoqué l’honneur qui lui avait été fait de participer à l’inauguration d’une mosquée appartenant à cette communauté. Il a souligné que les divergences confessionnelles ne devaient pas empêcher les musulmans de coopérer pour faire connaître l’islam aux populations occidentales.
Rappelant qu’au cours de son séjour en Angleterre, il avait vu des musulmans vivre côte à côte sans se laisser enfermer dans les distinctions entre chiites, sunnites et ahmadis, il a appelé les musulmans à mettre l’accent sur les principes qu’ils partagent au sein de leur religion. Il a également rappelé qu’à l’époque où il était étudiant à Londres, il avait déjà ressenti la nécessité de construire une mosquée pour les musulmans de cette ville.
La présence d’une personnalité non musulmane, symbole du dialogue interreligieux
Sir Bijay Chand Mahtab, maharaja de Burdwan, dans la région du Bengale alors sous domination britannique en Inde, a également pris la parole lors de la cérémonie. Il a déclaré que sa présence à l’inauguration constituait un devoir qu’il accomplissait avec plaisir.
Évoquant les critiques parfois formulées au sujet des relations entre hindous et musulmans en Inde, il a estimé que les fidèles de ces deux religions pouvaient entretenir des relations fondées sur le respect, à condition de reconnaître leurs responsabilités réciproques. Le maharaja de Burdwan, lui-même non musulman, a également salué les efforts de la communauté ahmadie pour construire une mosquée à Londres. Il a enfin remercié Sheikh Abdul Qadir pour son approche inclusive et pour avoir accepté l’invitation à inaugurer cet édifice.
Le premier appel à la prière retentit depuis les minarets de Londres
À l’issue des discours, alors que les participants se trouvaient encore dans l’enceinte de la cérémonie, l’appel à la prière a retenti depuis l’un des quatre minarets blancs de la mosquée. Récité par J. F. Malik, il s’agissait du premier adhan lancé depuis une mosquée de Londres. Cet appel devait désormais être entendu cinq fois par jour dans ce quartier.
Après avoir accompli leurs ablutions dans le bassin octogonal situé dans l’enceinte de la mosquée et retiré leurs chaussures, les fidèles sont entrés dans la salle de prière. Ils ont alors accompli la prière dirigée par Maulana Abdul Rahim Dard.
Des représentants de nombreux pays présents à l’inauguration
Outre les musulmans, la cérémonie a rassemblé de nombreuses personnalités politiques, diplomatiques et sociales venues de différents pays. Parmi les participants figuraient notamment des représentants et des diplomates de Bolivie, de Roumanie, de Chine, de Grèce, du Salvador, de Finlande, d’Italie, des Pays-Bas, de Lituanie, de Suède et d’Allemagne.
Des responsables britanniques, des parlementaires et des représentants des autorités locales, dont le maire de Wandsworth, étaient également présents. Des messages de félicitations adressés par des musulmans de différentes régions de l’Inde, des provinces du Nord-Ouest de l’Inde, de Maurice, du mouvement ahmadiyya aux États-Unis, du Sind, de Sumatra et d’Afrique de l’Ouest ont également été lus lors de la cérémonie.
Le compte rendu historique présente l’inauguration de la mosquée Fazl comme une journée importante dans l’histoire de l’islam en Angleterre. La présence de personnes issues de différentes religions et nationalités a donné à cet événement une dimension particulière, mettant en avant la tolérance, la coexistence et la fraternité entre les êtres humains.
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