4 mai 2026 - 21:53
Nabih Berri dicte ses conditions : Pas de négociation avant un cessez-le-feu et le retrait israélien

Alors que le gouvernement libanais explore la voie de discussions directes avec l’entité sioniste, le président du Parlement Nabih Berri rappelle solennellement la ligne rouge : pas de pourparlers sans l’arrêt préalable des combats et l’évacuation des troupes occupantes. Une déclaration qui place Beyrouth face à un choix crucial entre pression américaine et souveraineté nationale.

Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Dans une allocution qui fera date, Nabih Berri a articulé sa position avec une clarté tranchante : « Le Liban ne doit pas entrer dans des négociations dont les résultats ne sont pas garantis, et aucune concession gratuite ne sera accordée. » Le vétéran de la politique libanaise, chef du mouvement Amal et pilier de l’alliance avec le Hezbollah, a placé la priorité sur l’arrêt immédiat des hostilités israéliennes, estimant que tout autre agenda était prématuré et dangereux. Il a martelé que « toute négociation sans garantie de la fin de l’agression est rejetée » et que « le retrait du régime sioniste est la condition fondamentale pour examiner un quelconque accord ».

Pour saisir toute la portée de ces paroles, il faut les replacer dans le contexte explosif qui secoue actuellement le pays du Cèdre.

Un Liban sous occupation partielle et sous pression

Depuis des semaines, l’armée israélienne poursuit ses exactions et grignote du territoire libanais. Officiellement, elle prétend vouloir y établir une ceinture de sécurité similaire à celle qu’elle maintient dans le nord de la bande de Gaza. Cette entreprise d’accaparement territorial a poussé le gouvernement libanais à envisager, sous médiation américaine, des négociations directes qui pourraient déboucher sur une reddition déguisée. La décision, annoncée récemment, a suscité une levée de boucliers au sein de la classe politique et de la population, beaucoup y voyant une capitulation exigée par Washington et Tel-Aviv.

Nabih Berri a ainsi mis en garde contre la tentation de se fier à des promesses non vérifiables quant à l’avenir du Sud-Liban. « Nous ne pouvons pas nous fier à des engagements qui ne sont pas accompagnés de mécanismes de vérification solides », a-t-il ajouté, visant implicitement les garanties américaines dont l’histoire récente de la région a montré la fragilité. Le président du Parlement a également refusé toute ingérence étrangère dans la décision libanaise, fustigeant les pressions venues d’outre-Atlantique.

Au-delà de la rhétorique, c’est le destin même de la résistance qui se joue dans ce bras de fer diplomatique.

Le spectre du désarmement, véritable objectif de la manœuvre américaine

Les observateurs ne s’y trompent pas : l’insistance américaine à pousser le Liban vers la table des négociations répond à un agenda bien précis, celui du désarmement de la résistance islamique, en premier lieu le Hezbollah. L’État hébreu, incapable de venir à bout de la force militaire de la résistance sur le terrain, cherche désormais à obtenir par la diplomatie ce qu’il n’a pu conquérir par les armes. L’objectif est de placer le gouvernement libanais dans une situation où il serait contraint, sous couvert de paix et de reconstruction, d’accepter l’affaiblissement structurel de la capacité défensive du pays.

Nabih Berri, dont le mouvement Amal est historiquement lié à la lutte contre l’occupation, a déjoué ce piège rhétorique. En conditionnant sine qua non les pourparlers à un cessez-le-feu total et à un retrait complet, il ferme la porte à toute négociation qui équivaudrait à une discussion sous occupation, pratique honnie par le droit international. Il rappelle ainsi que l’initiative de la paix ne peut reposer sur des bases iniques où l’agresseur dicte ses conditions à la victime.

La résistance libanaise, par la voix de ses alliés, réaffirme donc que le chemin de la libération ne passe ni par les compromis imposés ni par les pressions extérieures. L’appel de Nabih Berri résonne comme un sursaut national face au risque de liquidation de l’héritage de la lutte contre l’occupation. Alors que les bombes continuent de pleuvoir sur le sud du pays, l’unité autour de ces principes devient plus que jamais un impératif pour la survie d’un Liban libre et souverain.

Fin/229

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