26 juin 2026 - 13:28
 Téhéran dénonce une déclaration "interventionniste" des États-Unis et du Conseil de coopération du Golfe Persique

Dans un communiqué officiel publié en réponse à la déclaration conjointe du 25 juin 2026 entre le secrétaire d'État américain et les ministres des affaires étrangères des États membres du Conseil de coopération du Golfe Persique (CCGP), Téhéran a jugé les positions exprimées comme « interventionnistes, irresponsables et provocatrices ». La République islamique, tout en réitérant son attachement à une sécurité collective régionale sans ingérence étrangère, a appelé les pays du Golfe Persique à « revoir d'urgence » leur approche, pointant du doigt la responsabilité directe des États-Unis dans les récentes violations de sa souveraineté.

Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : La diplomatie iranienne a balayé d'un revers de main l'affirmation américaine d'un « engagement durable en faveur de la sécurité des pays du Golfe Persique », y voyant une « rhétorique creuse » et une « inversion des réalités ». Dans son texte, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré : « La présence militaire américaine dans la région du Golfe Persique n'a jamais été un gage de sécurité ; elle est un fardeau pour les peuples et une source permanente de division et d'instabilité. » Il a ajouté que les bases implantées dans les États du Golfe Persique avaient été utilisées comme tremplin pour l'agression militaire contre l'Iran entre le 28 février et le 8 avril 2026, ce qui prouve, selon lui, que Washington « ne tient aucun compte de la sécurité de ses hôtes ni de leurs relations de voisinage ».

Un appel explicite aux pays du Golfe Persique

Le communiqué iranien a invité les gouvernements du CCGP à « tirer les leçons du passé » et à respecter leurs obligations internationales, notamment le principe de bon voisinage, en empêchant toute utilisation de leur territoire ou de leurs infrastructures par des tiers pour des actes hostiles contre l'Iran. Téhéran a souligné que « la responsabilité juridique et morale » de ces États est engagée, et qu'ils doivent « cesser de se faire les complices passifs ou actifs de l'aventurisme américano-sioniste ».

Le dossier nucléaire au cœur des tensions

Sur le volet nucléaire, la République islamique a exprimé son « profond dégoût » face à ce qu'elle qualifie de « réédition du grand mensonge sioniste-américain » concernant son programme pacifique. Le ministère a recommandé aux pays du Golfe Persique de « rejoindre l'initiative iranienne pour une zone exempte d'armes nucléaires en Asie occidentale » et de « cesser de se faire l'écho des allégations infondées de Washington ». Il a également dénoncé « l'hypocrisie » des États-Unis, qui, selon Téhéran, « alimentent une course aux armements dévastatrice dans la région du Golfe Persique tout en critiquant les capacités défensives iraniennes ».

Dénonciation des « forces proxy » et soutien à la Résistance

Le ministère iranien a également fustigé la qualification, par le CCGP et Washington, des mouvements de résistance palestinien et libanais de « forces proxy de l'Iran ». Il a rappelé que « la seule entité proxy dans la région est le régime sioniste », et que la lutte des peuples palestinien et libanais contre l'occupation et l'apartheid est « légitime et conforme au droit international ». Téhéran a exhorté la communauté internationale à « soutenir ces peuples dans leur droit à l'autodétermination ».

Le détroit d'Ormuz, point de friction stratégique

Dans une mise au point géopolitique, l'Iran a rappelé que le détroit d'Ormuz se situe dans les eaux territoriales de l'Iran et d'Oman, seuls États riverains, et que toute gestion du trafic maritime doit se faire sur la base des accords bilatéraux existants. Téhéran a implicitement mis en garde contre toute tentative d'internationaliser le détroit, insistant sur « la compétence exclusive des deux pays côtiers » en la matière.

Un appel à la refondation de l'architecture sécuritaire régionale

En conclusion de sa déclaration, la diplomatie iranienne a réitéré son offre de dialogue avec les pays du Golfe Persique, mais à une condition : « une coopération sincère, sans ingérence extérieure, fondée sur le respect mutuel et la souveraineté ». Elle a estimé que « la sécurité collective n'est pas négociable avec des puissances lointaines dont l'histoire démontre qu'elles ne cherchent que leurs propres intérêts ». Cette prise de position intervient alors que les tensions entre Téhéran et les monarchies du Golfe Persique, bien que fluctuantes, restent vives, notamment sur les questions nucléaires, sécuritaires et énergétiques.

Fin/229

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