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 Les spécialistes ont examiné ses différents aspects, ses multiples dimensions, sans s’attarder, toutefois, sur à l’une d’entre elles, qui, pour être, ainsi, ignorée de l’œil perspicace des commentateurs, n’en reste pas moins cruciale : Comment les Musulmans résidant en Occident ont-ils, eux, vécu cette crise ? L’Islamophobie croissante dont ils sont victimes a-t-il constitué un handicap supplémentaire pour cette tranche souvent vulnérable des sociétés occidentales ? Pour en savoir plus, restez avec nous, jusqu’à la fin de cette émission. La crise financière de 2008 2009 a, non seulement, fait surgir le spectre du protectionnisme, mais a, aussi, déterré les vieux démons de la préférence nationale dans l’embauche. La situation socio-économique des immigrants, en Occident, en particulier, celle des Musulmans, qui posait, déjà, problème, en période de vache grasse, a, ainsi, bien fait les frais de cette période de disette. Mais quel est le portrait de ces Musulmans en terre d’Occident ?L’Islam est la deuxième religion la plus pratiquée, dans le monde, après le Christianisme. Elle regroupe, environ, 1,2 milliard de fidèles, principalement, en Asie, en Afrique et en Europe. Il est très difficile de connaître, précisément, le nombre de Musulmans, en Occident, mais des estimations sérieuses peuvent le chiffrer aux alentours d’une vingtaine de millions, très inégalement, répartis. Ainsi, on remarque que quatre pays, en l’occurrence, la France, les Etats-Unis, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, regroupent plus des deux tiers des Musulmans d’Occident. Le reste est disséminé dans les autres pays.

A quelques exceptions près, comme la Grèce ou l’Espagne, les Musulmans des autres pays sont, essentiellement, issus d’une immigration plus ou moins récente, indépendamment des pays. Contrairement à la place démesurée qu’ils occupent, dans les médias occidentaux, la communauté musulmane ne représente qu’environ, 3,5 % de la population totale de l’Union européenne, et moins de 3 % de celle de la totalité des pays occidentaux.

De nombreux événements ont contribué à propulser, à leur corps défendant, les Musulmans d’Occident sous les projecteurs : les attentats du 11 septembre 2001, ceux de Madrid et de Londres, les péripéties du conflit israélo-palestinien, la publication de certains ouvrages controversés, la controverse sur le voile islamique, en France, l’occupation de l’Irak. Mais mis à part ces événements, il existe une fâcheuse tendance à monter en épingle les moindres incartades qui ont pour effet de stigmatiser les sentiments islamophobes. A cet effet, le dernier rapport de l’EUMC (Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes) reste bien significatif : « Les Musulmans sont souvent victimes de stéréotypes négatifs, phénomène qui est, par moment, renforcé par le portrait négatif ou sélectif que véhiculent les médias ». Ce même rapport fait état de centaines d’incidents, à caractère islamophobe, recensés, dans les années 2004-2005, dans tous les pays de l’Union européenne. Mais le phénomène ne se limite à l’Europe. Une récente enquête de la firme «Léger Marketing», qui a fait couler beaucoup d’encre, a montré qu’au Québec au Canada, une personne sur 2 avait une mauvaise opinion des Arabes. Comme les Occidentaux ne font pas nécessairement la différence entre la notion d’Arabe et celle de Musulman, les deux mots peuvent être considérés comme interchangeables dans le sondage. Ici, aussi, ce sont les Arabes qui ont l’apanage de la perception la plus négative, perception 5 fois plus élevée que celle envers les Asiatiques.

Cette islamophobie grandissante, en Occident, ne se manifeste pas, uniquement, dans des sentiments négatifs ou des actes violents. Elle a des répercussions sur l’employabilité des personnes issues de cette communauté. Citons les exemples de la Belgique où le taux de chômage des Marocains et des Turcs est 5 fois plus élevé que celui des Belges de souche. En Grande-Bretagne, des informations détaillées montrent que les Musulmans ont le plus haut taux de chômage, parmi les hommes, 3 fois plus élevé que celui de la population, en général. Plusieurs expériences de demandes d’emploi avec des candidats fictifs ou des noms occidentaux remplaçant un nom arabo-musulman ont été tentées, dans plusieurs pays occidentaux.

Les chiffres du chômage, dans certains pays occidentaux, qui recensent ce type de données, en fonction de la religion ou de l’appartenance ethnique, sont autant d’indicateurs éloquents, en matière d’employabilité des Musulmans. En Irlande et en Grande-Bretagne, où des statistiques basées sur la religion sont disponibles, les taux de chômage frappant la communauté musulmane sont, respectivement, 3 et 4 fois plus élevés que ceux des Chrétiens.

En Irlande, le taux de chômage des Musulmans est près de 3 fois plus élevé que celui de la population, en général, alors qu’en Belgique, le chômage touche 5 fois plus les Turcs et les Marocains que l’ensemble de la population. Au Québec, de récentes statistiques ont montré que la communauté maghrébine subissait un taux de chômage 4 fois plus élevé que la moyenne, très loin derrière la communauté noire africaine, avec un chiffre de 8 points supérieur. Pourtant, le pourcentage des immigrants provenant de l’Afrique du Nord, dotés de qualifications universitaires, est nettement supérieur à la population québécoise, en général.

Cette discrimination à l’emploi est, de loin, la plus insidieuse, car elle freine l’intégration des Musulmans, dans le marché de l’emploi, bloque l’accès à une qualité de vie décente et nuit au sentiment d’appartenance à la société d’accueil. Quelles mesures ont été prises, pour remédier, efficacement, à cette islamophobie omniprésente, en Occident ? En 2008, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne a publié un rapport, dans lequel, elle fournit des exemples de projets, d’initiatives et de pratiques exemplaires mises en avant par plusieurs villes européennes, afin de favoriser l’intégration des immigrants, en particulier ceux de confession musulmane, dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et de la participation à la vie sociale. Ce document, qui s’adresse aux décideurs politiques et aux praticiens impliqués dans la lutte contre le racisme et la discrimination, se veut un outil de travail, dont tous les responsables locaux du monde occidental devraient s’inspirer. Mais l’ennui, c’est qu’il continue à l’heure qu’il est de rester lettre morte. Ainsi, un récent sondage, réalisé, dans le cadre du «Pew Global Attitudes Project», révèle, toujours, un indéniable accroissement de l’hostilité envers les adeptes de l’Islam, dans de nombreux pays occidentaux.

L’islamophobie est un phénomène réellement grave et sa progression est indéniable. Son ampleur affecte la structure et l’équilibre des pays où il est présent, surtout, si l’on considère qu’un nombre croissant de Musulmans de deuxième et troisième générations sont des citoyens occidentaux à part entière. Mais y a-t-il une solution ? Certains experts veulent y croire : une éducation à la citoyenneté et à la diversité sociale doit être, obligatoirement, insérée, dans le cursus officiel des écoles, et des positions politiques claires et courageuses sont indispensables, afin de juguler ce fléau social. L’empathie et l’ouverture à l’autre sont des gages de la bonne santé d’une société moderne, égalitaire et résolument tournée vers l’avenir. N’est-ce pas de ces trois attributs dont l’Occident dit être paré ?

La crise financière qui a frappé la planète finance, en 2009, et dont les contre coups continuent, aujourd’hui, encore, à se faire sentir, a fait l’objet de mainte analyses.