Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) : "Il ne peut y avoir qu'une seule évaluation de ce qui s'est passée en Ukraine: c'est un coup d'Etat anticonstitutionnel et une prise de pouvoir par les armes", a déclaré le chef de l'Etat russe lors d'une conférence de presse avec des journalistes dans sa résidence en banlieue de Moscou.
Toute décision d'employer les forces armées russes en Ukraine sera "légitime"
Toute décision d'employer les forces armées russes en Ukraine sera "légitime", a en outre déclaré le président russe.
"Si nous prenons la décision d'utiliser les forces armées en Ukraine, elle sera tout à fait légitime", a-t-il déclaré. "Nous avons une demande du président légitime", a-t-il ajouté.
La Russie se réserve le droit de réagir à une demande d'aide
Moscou se réserve le droit de mettre en œuvre tous les moyens disponibles pour assurer la sécurité des citoyens ukrainiens, si l'est du pays est touché par la même anarchie que Kiev, a également indiqué Poutine.
"Si nous voyons que cette anarchie commence à envahir les régions de l'est (frontalières avec la Fédération de Russie, ndlr), si la population demande notre aide, nous nous réservons le droit de mettre en œuvre tous les moyens disponibles pour les défendre, une demande du président légitime en exercice étant déjà à notre disposition. A notre avis, c'est tout à fait légal", a expliqué le chef de l'Etat russe.
Et d'ajouter que: "le recours à la force en Ukraine ne s'imposait pas pour le moment".
Poutine: la Russie ne compte pas annexer la Crimée
Poutine a toutefois assuré que la Russie n'envisage pas la possibilité d'annexer la Crimée, presqu'île ukrainienne à majorité russophone.
"Non, nous n'examinons pas une telle possibilité", a indiqué le chef du Kremlin lors d'une conférence de presse, à la question de savoir si Moscou envisageait de rattacher la Crimée à la Russie.
Le 1er mars, le Conseil de la Fédération (sénat russe) a autorisé le recours à la force en Ukraine "en raison de la situation extraordinaire dans ce pays, de la menace pesant sur la vie des citoyens russes et des effectifs du contingent militaire russe qui sont déployés dans la république autonome ukrainienne de Crimée".
La Crimée a été rattachée en 1954 à l'Ukraine qui faisait alors partie de l'Union soviétique. Il s'agissait d'une décision purement formelle, car le transfert de ce territoire a été effectué à l'intérieur du même Etat. Après la chute de l'URSS en 1991, la Crimée est restée au sein de l'Ukraine, mais a reçu le statut de république autonome.
Le 1er mars, le Conseil de la Fédération (sénat russe) a autorisé le recours à la force en Ukraine "en raison de la situation extraordinaire dans ce pays, de la menace pesant sur la vie des citoyens russes et des effectifs du contingent militaire russe qui sont déployés dans la république autonome ukrainienne de Crimée conformément à un accord bilatéral".
22.000 soldats font défection de l'armée ukrainienne
Toujours sur la Crimée, Poutine a tenu bon de signaler que 22.000 militaires ukrainiens et plusieurs dizaines de systèmes de missiles sol-air S-300 sont passés sous l'autorité du gouvernement de la république autonome de Crimée.
"Il semble qu'on souhaite reproduire le scénario de Kiev en Crimée et qu'on puisse y organiser une série d'attaques terroristes. Cela inquiète beaucoup les habitants de Crimée. Ils ont donc créé des comités d'autodéfense et ont pris le commandement des unités militaires locales (…). Plusieurs dizaines de systèmes de missiles S-300 et d'autres armes, ainsi que 22.000 militaires sont passés sous l'autorité des Criméens. Dieu merci, cela s'est passé sans coup férir et c'est le peuple de Crimée qui contrôle tout", a-t-il indiqué.
La Russie a accueilli Ianoukovitch pour des raisons humanitaires
S'agissant du refuge du président ukrainien en Russie, il a expliqué que son pays a accueilli Viktor Ianoukovitch sur son sol pour des raisons humanitaires, la vie de ce dernier étant en danger.
"Nous avons joué un rôle dans son sort pour des raisons exclusivement humaines. A mon avis, il aurait été assassiné", a indiqué M.Poutine lors d'une conférence de presse.
Ianoukovitch a capitulé devant l'opposition
Pour Poutine, Viktor Ianoukovitch a de facto renoncé au pouvoir en Ukraine en signant le 21 février un accord de sortie de crise, a par ailleurs expliqué Poutine.
"Le 21 février, sous la médiation des chefs de diplomatie de trois pays européens, la Pologne, l'Allemagne et la France, et en présence de mon représentant, le délégué russe aux droits de l'homme Vladimir Loukine, le président Ianoukovitch et l'opposition ont signé un accord en vertu duquel M. Ianoukovitch a pratiquement abandonné son pouvoir", a-t-il affirmé.
Selon lui, Viktor Ianoukovitch "a accepté tout ce que l'opposition exigeait".
Des négociations sur le règlement du conflit en Ukraine se sont déroulées le 21 février à Kiev. Elles ont réuni le président en exercice Viktor Ianoukovitch, les chefs de file de l'opposition Arseni Iatseniouk et Vitali Klitschko, les chefs de diplomatie français, allemand et polonais Laurent Fabius, Frank-Walter Steinmeier et Radoslaw Sikorski, ainsi que le représentant de la Russie Vladimir Loukine.
Les négociations ont abouti à la conclusion d'un accord prévoyant notamment une élection anticipée du chef de l'Etat, la formation d'un gouvernement d'unité nationale et une réforme constitutionnelle élargissant les pouvoirs du premier ministre au détriment de ceux du président.
Au mépris des ententes intervenues et sans attendre que la loi modifiant la Constitution soit signée par Viktor Ianoukovitch, les députés ont voté un décret transférant les pouvoirs de chef de l'Etat au président de la Rada suprême (parlement), Alexandre Tourtchinov.
La Russie prête à accueillir les leaders du G8 à Sotchi
Sur un autre plan, Poutine a déclaré que la Russie sera prête à accueillir à Sotchi les leaders du G8.
"Quant au G8, je ne sais pas. Nous nous préparons au G8 et sommes prêts à accueillir nos collègues chez nous. S'ils ne veulent pas venir, c'est leur affaire", a-t-il dit en riposte aux Américains.
Auparavant, le service de presse de la Maison Blanche a diffusé une déclaration selon laquelle les pays du G7 (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Grande-Bretagne et Etats-Unis) suspendaient la préparation au sommet du G8 prévu à Sotchi, en raison de la situation en Ukraine.
La vie politique, une farce
Poutine a également accusé l'Occident d'avoir transformé en farce la vie politique en Ukraine, supposant que la suspension par (le président) Ianoukovitch de l'intégration européenne du pays n'était qu'un prétexte pour soutenir l'opposition dans la lutte pour le pouvoir.
"Somme toute, il n'y a là rien d'extraordinaire, mais pourquoi pousser jusqu'à l'anarchie, jusqu'à un coup d'Etat anticonstitutionnel et une prise de pouvoir par les armes, en plongeant le pays dans le chaos? Ce n'est pas pour la première fois que nos partenaires occidentaux le font en Ukraine. La vie politique en Ukraine est transformée en farce", a déclaré le chef de l'Etat devant les journalistes.
"J'ai parfois l'impression qu'il s'agit d'un laboratoire quelconque dont le personnel se livre à toute sorte d'expérimentations sur des rats sans se rendre bien compte des conséquences", a ajouté M.Poutine.
Fin/229
4 mars 2014 - 05:30
Code d'info: 511103
Le président russe Vladimir Poutine a qualifié mardi les récents événements en Ukraine de coup d'Etat anticonstitutionnel et de prise de pouvoir par les armes.