Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Le Saint Coran aborde explicitement la question du « libre arbitre » humain dans de nombreux versets. La sourate Al-Muddaththir (verset 38) stipule : « Toute âme est l’otage de ce qu’elle a acquis », et la sourate An-Najm (verset 39) précise : « Et qu’en vérité, l’homme n’obtient que le fruit de ses efforts ». De plus, la sourate Ar-Ra’d (verset 11) affirme que Dieu ne modifie point l’état d’un peuple tant que les individus qui le composent ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes.
Ces versets prouvent clairement que le destin des nations, leurs victoires ou leurs échecs, ne sont pas le résultat d’un destin aveugle et fataliste, mais bien la conséquence de leurs efforts ou de leur négligence. Bien que le libre arbitre soit une réalité indéniable, sa coexistence avec le décret divin (Qada et Qadar) nécessite une réflexion approfondie.
Le concept de Qada et Qadar
Pour comprendre cette relation, il convient de définir ces deux termes, qui se divisent en deux catégories :
- Créationnel (Takwini) : Chaque événement dans l’univers a une cause (Qada) et une mesure précise (Qadar). Par exemple, briser une vitre avec une pierre implique une cause (le lancer) et une mesure (la force, la taille de la pierre).
- Législatif (Tashri’i) : Il s’agit des commandements divins définissant les devoirs humains. Par exemple, l’obligation de la prière est un décret (Qada), et son nombre de cycles est sa mesure (Qadar).
L’harmonie entre le décret divin et le libre arbitre
Les actions humaines, bien qu’inscrites dans le système de cause à effet voulu par Dieu, n’annulent en rien la responsabilité individuelle. Dieu fournit l’énergie, l’existence et la liberté de choix à chaque instant. L’homme est comparable au conducteur d’un train électrique : l’énergie provient d’une centrale (Dieu) qui peut couper le courant à tout moment, mais le choix de la direction (vers le bien ou le mal) appartient entièrement au conducteur.
Cette liberté de choix est illustrée par une célèbre narration de l’Imam Ali (AS). S’éloignant d’un mur penché prêt à s’effondrer, on lui demanda s’il fuyait le décret de Dieu (Qada). Il répondit : « Je fuis le décret de Dieu pour me réfugier vers Sa destinée (Qadar) ». Cela signifie qu’utiliser la raison – qui est elle-même une cause créée par Dieu – pour éviter un danger fait partie intégrante du système divin.
Enfin, sans le libre arbitre, l’envoi des prophètes, l’éducation, les récompenses et les châtiments divins perdraient tout leur sens. L’homme est donc invité à utiliser les facultés qui lui ont été octroyées pour forger son salut, tout en reconnaissant que les éléments hors de son contrôle relèvent de l’absolue souveraineté du Créateur.
Fin/229
Votre commentaire