Agence de presse AhlulBayt (ABNA) : Selon l’analyse, les précédents latino-américains — dont le Venezuela — ont surtout été marqués par des instruments de pression politique et économique (sanctions, isolement diplomatique, campagnes de reconnaissance et d’influence), sans déboucher sur une guerre ouverte d’ampleur. En revanche, le cas iranien se distinguerait par un environnement stratégique beaucoup plus dense et militarisé, où la présence de forces américaines, de bases, de points d’appui logistiques et de routes énergétiques sensibles accroît mécaniquement le risque d’escalade.
Le journal souligne que l’Iran dispose de capacités qui, dans une crise, pourraient affecter directement les calculs sécuritaires de Washington : missiles, drones, moyens de défense et profondeur stratégique. L’analyse met l’accent sur le fait qu’en Asie de l’Ouest, tout choc militaire tend à produire des effets en chaîne : montée des tensions sur les voies maritimes, réactions des acteurs locaux, perturbations économiques, et risque d’incidents successifs difficiles à contenir une fois déclenchés.
Le New York Times estime ainsi que la logique de démonstration de force, lorsqu’elle vise l’Iran, comporte une dimension que ne présentait pas le théâtre vénézuélien : la possibilité d’un conflit à résonance régionale. Même une opération limitée pourrait, selon l’analyse, provoquer une dynamique d’action-réaction et élargir le champ de la confrontation, avec des conséquences sur plusieurs pays, sur la sécurité des troupes déployées et sur la stabilité des marchés énergétiques.
L’article met également en avant la question du « coût politique » interne et externe. Pour Washington, une confrontation avec l’Iran pourrait entraîner une crise prolongée, difficile à justifier et à contrôler, tandis que les alliés des États-Unis seraient exposés à des répercussions sécuritaires et économiques, notamment en raison de leur proximité géographique avec les foyers de tension. Le quotidien souligne que la notion de coûts « imprévisibles » renvoie aussi à l’impossibilité de garantir une sortie rapide de crise, même en cas de supériorité militaire initiale.
Dans ce contexte, l’analyse suggère que comparer l’Iran au Venezuela relève d’une simplification stratégique : l’un est un théâtre éloigné du dispositif militaire américain et de ses alliés, l’autre se situe au cœur d’un espace où les équilibres sont fragiles et où la moindre escalade peut se diffuser rapidement. Le journal note enfin que les menaces publiques et les ultimatums, souvent utilisés comme levier politique, peuvent produire l’effet inverse : durcir les positions, réduire l’espace diplomatique, et multiplier les risques de malentendus.
Du côté iranien, les responsables ont à maintes reprises affirmé que la République islamique ne recherche pas la guerre, mais qu’elle répondra à toute agression, en s’appuyant sur une doctrine de dissuasion. Téhéran considère que les menaces et la pression ne peuvent remplacer des négociations fondées sur le respect mutuel et la prise en compte des intérêts légitimes des parties.
L’avertissement du New York Times intervient alors que les tensions verbales entre Washington et Téhéran connaissent des cycles récurrents. Pour plusieurs observateurs, la conclusion implicite de cette analyse est claire : une option militaire contre l’Iran ne ressemblerait pas à une campagne de pression contre un État isolé, mais à un scénario à haut risque, dont l’onde de choc dépasserait rapidement le cadre bilatéral.
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