20 février 2026 - 17:01
Starmer aurait refusé à Trump l’accès aux bases britanniques pour une attaque contre l’Iran, selon The Times

Le quotidien britannique The Times a rapporté jeudi que le Premier ministre du Royaume-Uni, Keir Starmer, aurait bloqué une demande du président américain Donald Trump visant à autoriser des avions des États-Unis à utiliser des bases britanniques pour frapper la République islamique d’Iran.

Agence de presse AhlulBayt (ABNA) : D’après The Times, la requête américaine s’inscrivait dans un contexte de tensions accrues entre Washington et Téhéran, et aurait porté sur l’emploi d’infrastructures militaires relevant du Royaume-Uni pour faciliter d’éventuelles opérations aériennes. Le journal indique que Downing Street aurait opposé un refus, privilégiant une ligne visant à éviter une escalade régionale et à maintenir l’option diplomatique comme cadre prioritaire de gestion de crise.

Selon des observateurs, l’enjeu dépasse la seule question opérationnelle. Autoriser l’usage de bases britanniques dans une action militaire contre l’Iran engagerait politiquement Londres dans une confrontation à haut risque, avec des conséquences possibles sur la sécurité des intérêts britanniques à l’étranger et sur la stabilité d’une région déjà marquée par des crises multiples. Dans ce type de scénario, les installations, le personnel et les routes logistiques associés au dispositif occidental pourraient devenir des points de tension supplémentaires.

Le rapport du The Times intervient alors que la politique britannique au Moyen-Orient et en Asie de l’Ouest cherche, officiellement, à combiner partenariat stratégique avec Washington et recherche d’une posture évitant l’entraînement automatique dans des opérations susceptibles de déclencher un cycle d’action-réaction. Sur le plan interne, un tel dossier serait également sensible au Royaume-Uni, où l’opinion publique et plusieurs courants politiques exigent généralement un examen strict de la légalité, de la proportionnalité et des objectifs d’une action militaire, en particulier lorsqu’elle s’effectue en dehors d’un mandat international explicite.

Toujours selon le quotidien, la position attribuée à Keir Starmer s’aligne sur la nécessité de privilégier des « mesures politiques et diplomatiques » et de limiter les facteurs susceptibles d’élargir un conflit. Dans plusieurs capitales européennes, les appels à la retenue se sont intensifiés au fil des derniers mois, en raison de la crainte qu’une escalade contre l’Iran ne se transforme rapidement en crise régionale, avec des répercussions sur la sécurité énergétique, le commerce maritime et la stabilité de pays voisins.

Du côté iranien, les responsables réaffirment régulièrement que la République islamique ne recherche pas la guerre, tout en avertissant qu’elle répondra à toute agression. Téhéran met en avant une doctrine de dissuasion et insiste sur le fait que les menaces et pressions ne peuvent remplacer une approche fondée sur le dialogue, le respect mutuel et la reconnaissance des intérêts légitimes.

Dans ce contexte, la question du recours à des bases alliées constitue un indicateur important : elle reflète non seulement la planification militaire potentielle, mais aussi le degré d’adhésion des partenaires de Washington à une option de force. Des analystes estiment que toute divergence publique ou fuite médiatique sur ce sujet vise souvent à envoyer des signaux politiques, soit pour dissuader une escalade, soit pour peser sur les rapports de force diplomatiques.

À ce stade, The Times reste la source citée pour cette information, et aucune confirmation détaillée n’a été rapportée dans l’immédiat via un communiqué officiel complet précisant la nature exacte de la demande américaine ou la forme du refus britannique. Néanmoins, la publication met en lumière un point central du moment géopolitique actuel : les alliés de Washington évaluent avec prudence le coût stratégique d’une confrontation directe avec l’Iran, dont les conséquences pourraient s’avérer lourdes et difficiles à maîtriser.

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