Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Cette rencontre, à laquelle ont participé de nombreux religieux et intellectuels musulmans, avait pour objectif d’examiner les dimensions juridiques, religieuses et internationales des nouvelles restrictions imposées aux élèves et aux enseignantes portant le hijab en Azerbaïdjan.
En vertu d’une décision adoptée le 21 septembre 2026 par le gouvernement de Bakou, le port de vêtements considérés comme « contraires à l’uniformité de la tenue scolaire ou au principe de la laïcité dans l’enseignement public » est interdit. Bien que le terme « hijab » ne figure pas explicitement dans le texte, cette mesure a, dans la pratique, conduit à empêcher des élèves et des enseignantes voilées d’accéder aux salles de classe.
Les participants ont qualifié ces mesures de « violation manifeste de la liberté religieuse et du droit fondamental à l’éducation ». Se référant à l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui garantit la liberté de pensée, de conscience et de religion, ils ont souligné que le hijab constitue une composante indissociable des convictions religieuses de millions de musulmans. Ils ont estimé que les restrictions appliquées dans les écoles azerbaïdjanaises sont incompatibles avec les normes internationales relatives aux droits de l’homme.
Les participants ont également salué les positions exprimées par des pays musulmans, notamment la République islamique d’Iran et la Turquie, à l’égard de cette question. Les oulémas présents les ont remerciés pour leurs prises de position, tout en exprimant leur reconnaissance envers les musulmans du monde entier pour leur solidarité et leurs réactions. Ils ont appelé les institutions islamiques internationales à adopter une position plus ferme face à ce qu’ils ont qualifié d’« islamophobie institutionnelle » en Azerbaïdjan.
Auparavant, l’ayatollah Tahriri avait lui aussi condamné les politiques antimusulmanes de Bakou lors d’une rencontre à laquelle participaient des étudiants en sciences religieuses venus de plus de 40 pays musulmans. Il avait alors demandé la libération des prisonniers détenus pour leurs convictions religieuses.
Une partie des interventions a été consacrée à l’examen des causes possibles de ces restrictions. Certains orateurs, évoquant des rapports faisant état d’activités de lobbies sionistes en Azerbaïdjan ainsi que les relations étroites entre Bakou et Tel-Aviv, ont affirmé que des pressions extérieures avaient joué un rôle dans l’adoption de telles décisions.
Les détracteurs de la politique du gouvernement azerbaïdjanais ont également dénoncé ce qu’ils considèrent comme un « deux poids, deux mesures ». Ils ont fait valoir que les élèves juifs peuvent porter des symboles religieux tels que la kippa dans les établissements scolaires, tandis que les filles musulmanes risquent d’être privées d’accès à l’enseignement pour avoir couvert leurs cheveux.
Les oulémas réunis à Moscou ont par ailleurs invoqué la Constitution de l’Azerbaïdjan, qui reconnaît aux adeptes de toutes les religions le droit de mener leurs activités conformément à leurs prescriptions religieuses. Ils ont estimé que l’interdiction du hijab dans les écoles ne repose pas sur une base juridique suffisamment solide, même au regard d’une interprétation extensive du principe de laïcité. Selon eux, la laïcité doit garantir la neutralité de l’État à l’égard des religions et ne saurait être interprétée comme une volonté d’exclure les symboles religieux de l’espace public.
À la fin de la réunion, les participants ont exprimé leur profonde inquiétude quant à la situation des élèves azéries et aux conséquences psychologiques et éducatives des restrictions qui leur sont imposées. Ils ont appelé le gouvernement de Bakou à revenir sur sa décision et à respecter le droit des filles musulmanes à l’éducation. Ils ont également insisté sur la nécessité d’une solidarité accrue entre les oulémas du monde islamique pour défendre les droits religieux des musulmans d’Azerbaïdjan.
Cette réunion intervient alors que les contestations contre l’interdiction du hijab en Azerbaïdjan se sont intensifiées au cours des dernières semaines. Selon des informations rapportées par des médias, le ministère azerbaïdjanais de l’Intérieur a annoncé l’arrestation de 37 personnes en lien avec ces manifestations.
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