Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : D’après le quotidien libanais Al-Akhbar, les médias en langue hébraïque ont commencé, au lendemain de l’explosion, à publier des détails dont une partie importante avait auparavant été soumise à la censure militaire.
Quatre mois de combats pour atteindre le réseau de tunnels
Pour comprendre l’ampleur de l’opération, les informations publiées par les médias hébraïques font état d’une campagne qui ne s’est pas limitée à une progression terrestre classique. Le quotidien Yedioth Ahronoth a rapporté que l’opération avait duré environ quatre mois et s’était achevée par la destruction de ce qui est présenté comme 5 410 mètres de passages souterrains, au moyen d’environ 1 100 tonnes d’explosifs.
Cette opération s’inscrivait dans un processus engagé après l’occupation de la zone de Chekif, suivi par l’intervention d’unités commandos et du génie militaire dans les réseaux souterrains.
L’armée du régime sioniste a notamment cité la brigade commando et l’unité Yahalom. Eyal Zamir, chef d’état-major de cette armée, a également affirmé que les unités Egoz et Maglan avaient joué un rôle central dans l’opération, aux côtés de forces de Golani, de la 7e brigade blindée et d’autres unités.
À mesure que les forces du régime sioniste approchaient des installations principales, les affrontements se sont toutefois intensifiés. Les récits publiés par les médias hébraïques décrivent ainsi une progression marquée par des combats à très courte distance.
Une résistance à quelques mètres des forces du régime sioniste
Selon Israel Hayom, les brigades Golani et Egoz ont commencé les opérations de nettoyage de la zone avant que d’autres formations ne les rejoignent. À l’approche des principales installations, la résistance des combattants du Hezbollah s’est intensifiée.
Le quotidien, citant un responsable militaire du régime sioniste, a rapporté que, dans certains cas, les affrontements avaient eu lieu à une distance de seulement quelques mètres entre les combattants du Hezbollah et les forces d’Egoz.
La deuxième moitié du mois de juin a constitué un tournant, lorsque l’ampleur des combats a commencé à apparaître publiquement.
Dans la nuit du 19 juin, un char appartenant au 52e bataillon de la 401e brigade blindée de l’armée du régime sioniste a été pris pour cible dans la région de Kfar Tebnit. Le commandant du bataillon, le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben-Shimon, ainsi que trois membres de l’équipage du char ont été tués.
Un rapport publié par les médias du régime sioniste le lendemain a directement établi un lien entre la mission de cet équipage et les efforts visant à prendre le contrôle d’un vaste réseau souterrain dans le secteur de la colline Ali al-Taher.
Les forces engagées dans cette opération ont ensuite été confrontées à une nouvelle difficulté : les attaques par drones et missiles.
Drones et missiles, un nouveau défi pour les forces du régime sioniste
Le lendemain, une force relevant de la brigade commando de l’armée du régime sioniste a été visée par une attaque combinant missiles et drones explosifs.
L’armée du régime sioniste a annoncé la mort d’un soldat de l’unité Maglan et la blessure de 13 autres militaires, dont deux dans un état grave.
Ces pertes permettent de comprendre en partie la prudence qui a ensuite marqué l’avancée des forces du régime sioniste.
Selon le dernier récit publié par les médias hébraïques, l’opération ne consistait pas en une progression continue à l’intérieur des tunnels. Elle reposait plutôt sur un encerclement progressif des entrées, la collecte de renseignements, l’identification des ouvertures et la mise en place d’embuscades contre ceux qui tentaient de sortir des tunnels ou de rejoindre les combattants encerclés.
Cette méthode révèle une autre dimension de la bataille : au-delà de la destruction physique des infrastructures souterraines, l’objectif était également de couper les combattants retranchés sous terre de leur environnement extérieur.
La guerre souterraine : encercler plutôt que mener un assaut direct
Les informations publiées par les médias hébraïques indiquent que le Hezbollah utilisait des drones pour larguer des colis de ravitaillement à proximité des entrées des tunnels.
Ces colis contenaient notamment du matériel de communication, de l’eau, de la nourriture, des cigarettes et d’autres produits alimentaires. Les forces du régime sioniste rencontraient des difficultés pour empêcher ces opérations de ravitaillement, notamment parce que toutes les entrées des tunnels n’avaient pas encore été identifiées.
Cette situation montre que l’opération menée par l’armée du régime sioniste ne se limitait pas à la localisation et à la destruction des tunnels de la colline Ali al-Taher. Une partie importante des efforts consistait également à couper les communications et les lignes de ravitaillement des combattants présents sous terre.
Alors que l’encerclement se renforçait, les attaques contre les forces opérant sur la colline et dans ses environs se sont poursuivies.
L’attaque du 15 août : même Yahalom n’a pas été épargnée
Selon le récit publié par les médias du régime sioniste, les attaques du Hezbollah contre les forces présentes sur la colline Ali al-Taher et autour de celle-ci ne se sont pas arrêtées malgré le renforcement de l’encerclement.
L’attaque la plus importante de la phase finale s’est produite à l’aube du 15 août. Un drone explosif a alors ciblé une force de l’unité du génie Yahalom de l’armée du régime sioniste, engagée dans la zone de la colline Ali al-Taher.
Le même jour, l’armée du régime sioniste a annoncé qu’un officier et deux soldats avaient été grièvement blessés dans l’explosion du drone à proximité de cette force.
Cet incident a conduit le régime sioniste à mener une série de frappes aériennes dans le sud du Liban.
La poursuite des opérations dans ces conditions a également posé un problème logistique majeur, notamment pour l’acheminement des explosifs nécessaires à la destruction du réseau souterrain.
Acheminer 1 100 tonnes d’explosifs sous la menace des drones
Les informations publiées par les médias du régime sioniste montrent que la menace des drones du Hezbollah persistait même pendant le transfert d’importantes quantités d’explosifs vers les tunnels.
Le site Ynet, citant un organisme sécuritaire du régime sioniste, a présenté l’acheminement de 1 100 tonnes d’explosifs sous terre dans un contexte de menace permanente des drones comme l’une des étapes les plus difficiles de l’opération.
L’ampleur de cette quantité montre que l’explosion finale n’était pas le résultat d’une action improvisée ou instantanée, mais l’aboutissement d’une vaste opération d’ingénierie menée après plusieurs mois de combats et de reconnaissance du réseau souterrain.
L’explosion finale a ainsi marqué la conclusion d’une longue phase d’affrontements plutôt que le début de l’opération.
L’explosion finale : l’aboutissement d’une bataille d’usure
Les informations dont l’armée du régime sioniste a autorisé la publication jeudi et vendredi dressent un tableau de la bataille d’Ali al-Taher très différent de l’image qui pourrait être donnée par la seule scène de l’explosion finale.
Selon ce même récit, les forces du régime sioniste auraient eu besoin d’environ quatre mois pour passer des opérations visant à contourner la zone par le Litani et Chekif à la consolidation de leur contrôle sur les hauteurs d’Ali al-Taher.
Durant cette période, elles ont également subi des pertes, notamment la mort de l’équipage d’un char dans la région de Kfar Tebnit, la mort d’un membre de Maglan et les blessures de plusieurs autres militaires du régime sioniste.
De son côté, le Hezbollah a continué à utiliser des missiles, des drones explosifs, des opérations de ravitaillement et des affrontements rapprochés pour empêcher l’avancée des forces adverses.
Cette lecture des événements conduit certains médias hébraïques à présenter la bataille sous un angle dépassant la seule dimension technique de la destruction des tunnels.
« Karbala » : le récit de Maariv sur la bataille d’Ali al-Taher
Dans ce contexte, le quotidien Maariv a présenté la bataille sous un angle particulier, en évoquant la dimension symbolique que le Hezbollah aurait cherché à donner à la confrontation sur les hauteurs d’Ali al-Taher.
Selon Maariv, Avi Ashkenazi a affirmé que le Hezbollah avait tenté de promouvoir une épopée héroïque autour de la bataille des hauteurs d’Ali al-Taher, comparable à la bataille de Karbala. Les combattants du Hezbollah auraient refusé de se rendre et seraient morts au combat.
Israel Hayom, citant un responsable militaire du régime sioniste, a également rapporté que l’armée du régime sioniste avait proposé aux combattants encerclés de quitter les lieux en brandissant un drapeau blanc, mais qu’ils avaient refusé.
Par la suite, il a été annoncé que les forces du régime sioniste s’étaient retirées des hauteurs d’Ali al-Taher pour se repositionner sur des lignes plus en retrait dans la région de la forteresse de Chekif.
Au total, les récits des médias en langue hébraïque sur la colline Ali al-Taher décrivent une opération qui s’est étendue sur plusieurs mois et dans laquelle se sont combinés combats terrestres, affrontements rapprochés, guerre souterraine, opérations d’ingénierie, attaques de drones et efforts visant à couper les lignes de ravitaillement.
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Mots-clés : Liban, Ali al-Taher, sud du Liban, Hezbollah, régime sioniste, guerre souterraine, tunnels, drones, Yahalom, Maglan, Egoz, Golani, Maariv, Yedioth Ahronoth, Israel Hayom, Ynet, Karbala
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