31 août 2026 - 13:30
Les sanctions américaines contre l’Iran pourraient renforcer les alternatives économiques

Alors que Washington menace l’Iran de nouvelles sanctions économiques après l’échec de l’option militaire, l’économiste libanais Munir Rached estime que cette stratégie ne suffira pas à isoler Téhéran. Selon lui, les relations commerciales avec la Chine, la Russie, l’Inde et plusieurs pays voisins, ainsi que l’existence de circuits financiers alternatifs, pourraient limiter l’efficacité du dispositif américain et accélérer l’érosion de son influence au Moyen-Orient.

Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Dans un entretien accordé à l’Agence de presse AhlulBayt (ABNA), Munir Rached, président de l’Association économique libanaise, professeur d’économie à l’Université américaine de Beyrouth et ancien conseiller de la Banque mondiale, a analysé les conséquences possibles de la nouvelle offensive économique américaine contre l’Iran.

Selon lui, les nouvelles sanctions ne devraient pas avoir un impact décisif sur le commerce iranien. Il souligne que Téhéran dispose de plusieurs voies terrestres et maritimes pour maintenir ses échanges avec l’extérieur, notamment à travers la Russie, le Pakistan, l’Inde et d’autres pays asiatiques.

Des voies commerciales alternatives

Rached estime également que la fermeture de certains circuits financiers ne suffirait pas à couper les relations économiques de l’Iran avec le reste du monde. Même en cas de restrictions sur le système SWIFT, Téhéran pourrait recourir à des banques situées dans des pays partenaires et utiliser d’autres mécanismes de paiement.

Concernant les Émirats arabes unis et la Turquie, il considère que Washington ne dispose pas d’une capacité illimitée pour imposer ses choix. Il souligne notamment l’importance stratégique de la Turquie, membre de l’OTAN, ainsi que ses relations économiques et géographiques avec l’Iran.

L’économiste ajoute que le Pakistan et l’Irak entretiennent également des relations avec Téhéran et Washington, ce qui leur permet de jouer un rôle d’intermédiaire.

Le pétrole reste le principal point de pression

Pour Rached, le secteur pétrolier demeure toutefois le domaine dans lequel les sanctions américaines pourraient produire les effets les plus importants. Une réduction des exportations iraniennes pourrait, selon lui, affecter les marchés de l’énergie et entraîner une hausse des prix, y compris aux États-Unis et en Europe.

Il estime ainsi que la pression exercée sur l’Iran pourrait avoir des conséquences pour les pays qui dépendent des importations énergétiques. Dans ce contexte, les intérêts économiques des États européens et des entreprises actives dans le secteur pétrolier pourraient entrer en contradiction avec les exigences de Washington.

Rached considère que la volonté américaine d’imposer une guerre économique sans affecter ses propres alliés se heurte à une difficulté majeure : les conséquences de ces mesures peuvent également toucher les économies occidentales.

Une influence américaine en recul

Interrogé sur l’évolution de l’influence américaine au Moyen-Orient, le président de l’Association économique libanaise estime que Washington ne peut plus exercer une domination incontestée sur la région.

Il cite notamment la présence croissante de la Chine et de la Russie et affirme que ces deux puissances ne souhaitent pas voir les États-Unis contrôler seuls le Moyen-Orient. Selon lui, l’expérience des guerres en Afghanistan, en Irak et au Vietnam montre également les limites de la capacité américaine à maintenir des conflits prolongés.

Rached estime que l’influence durable ne peut pas être fondée uniquement sur la puissance militaire, mais qu’elle doit également passer par le commerce, l’investissement, le dialogue et la coopération.

Il conclut que la poursuite de la confrontation pourrait modifier l’équilibre régional et favoriser une implication accrue de la Chine et de la Russie au Moyen-Orient.

Fin/229

Tags

Votre commentaire

You are replying to: .
captcha