22 février 2026 - 14:26
Le président de la FIYAR : « Le récit central du chiisme commence à Karbala »

Dans une note d’analyse transmise à ABNA en espagnol, Ahmad Diab, président de la Fédération des institutions ja‘farites d’Argentine (FIYAR), relie deux sujets très commentés ces jours-ci — l’affaire Epstein et les menaces américaines contre l’Iran — à la mémoire de Karbala et à la conception chiite de la résistance.

Selon l’Agence de presse internationale Ahl al-Bayt (ABNA), Ahmad Diab, président de la Fédération des institutions ja‘farites d’Argentine (FIYAR), s’est penché, dans une note d’analyse dont la version espagnole a été envoyée à ABNA, sur deux thèmes controversés de l’actualité mondiale : l’étrange dossier Epstein et les menaces répétées des États-Unis contre l’Iran.

Ce journaliste, analyste et écrivain, qui est également chargé des affaires islamiques du Centre islamique de la province de La Rioja (Argentine), écrit dans cette note que les réseaux de pouvoir, de privilèges et de corruption mis en lumière par l’affaire Jeffrey Epstein sont en contradiction totale avec la croyance chiite dans le sacrifice et le martyre (dont l’origine remonte à l’événement de Karbala et au soulèvement de l’imam Husayn). C’est précisément ce contraste, affirme-t-il, qui maintient vivante, dans la vision chiite, l’idée de résistance et de fermeté face à l’injustice.

En apparence, les pressions actuelles sur l’Iran ne seraient que la répétition des mêmes méthodes : sanctions, menaces, et discours habituels sur la sécurité mondiale. Mais derrière cette façade, soutient-il, se cache un conflit bien plus profond : deux visions du monde presque impossibles à concilier.

D’un côté : le pouvoir et l’influence occultes, les calculs froids et les cercles exclusifs des ultra-riches (un « epsteinisme » associé à des réseaux transnationaux).
De l’autre : la mémoire de Karbala, où l’imam Husayn, par son martyre, a montré que la vérité, même si elle semble vaincue, finit par triompher de l’oppression.

Ainsi, poursuit-il, l’enjeu ne se réduit pas au nucléaire ou aux missiles : ce sont deux conceptions radicalement différentes du monde qui s’affrontent. Pour beaucoup, dans le monde non occidental, l’affaire Epstein montre que le droit international est flexible pour les puissants et inflexible pour les autres.

Dans ce contexte, le dirigeant iranien n’est pas, pour ses partisans à travers le monde, un simple homme politique : il serait l’héritier de la voie de Karbala, un religieux formé aux sciences islamiques, rattaché à la lignée du Prophète. Il affirme même que Noam Chomsky a respecté la profondeur de sa pensée et de son argumentation.

Dès lors, toute attaque ou pression contre l’Iran n’apparaît pas seulement comme un acte militaire, mais comme la prolongation d’un conflit ancien entre l’arrogance impériale et ceux qui refusent de se soumettre.

Selon cette lecture, nourrie par la perspective chiite et « 1 400 ans d’expérience de résistance », une guerre prolongée contre l’Iran pourrait, pour les États-Unis et l’un de leurs principaux alliés régionaux, se révéler très coûteuse et à haut risque.

Pourquoi le chiisme voit une victoire dans la défaite ?

« Le récit central du chiisme commence à Karbala : l’imam Husayn et son petit groupe de compagnons ont été vaincus par une armée immense. Mais le chiisme estime qu’il n’a pas perdu ; son martyre a prouvé pour toujours que le droit peut refuser de plier devant l’injustice. »

Celui qui se bat avec une telle conviction ne se considère pas seulement comme le soldat d’un pays ; il se voit investi d’un devoir religieux. Sa tolérance aux privations et aux pertes serait donc, selon l’auteur, plus élevée que celle d’armées “classiques” comme celles des États-Unis. Plus la pression augmente, plus la motivation et la croyance se renforcent.

Que ferait une guerre longue aux États-Unis ?

Une guerre prolongée dans le Golfe persique serait néfaste pour tous. Les États-Unis, écrit-il, ont souvent payé un prix financier et réputationnel dans des conflits longs et sans fin. Il estime aussi que certains pays, en raison de leur petite taille et de leur faible population, ne pourraient pas supporter des frappes continues.

Il cite, à titre d’exemple, la fermeture du détroit d’Ormuz : une telle situation bouleverserait les prix du pétrole et l’économie mondiale, au détriment de tous.

L’Iran n’est pas seul

L’auteur affirme que l’Iran dispose de nombreux alliés dans la région : le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen, ainsi que des groupes de résistance en Irak et en Syrie. Il ajoute que, malgré des relations difficiles avec les Talibans en Afghanistan, une coopération tactique temporaire contre les États-Unis pourrait émerger dans des circonstances extrêmes.

Cette guerre peut-elle se terminer ?

Les États-Unis et leurs partenaires pourraient, au début, infliger des coups importants, écrit-il. Mais si, après quelques mois, le système iranien demeure en place, si son dirigeant (ou son successeur) est toujours là, et si la population peut dire « nous avons résisté », cela constituerait, selon lui, une défaite majeure pour les États-Unis, pour certains cercles de pression à Washington et pour l’ensemble d’une stratégie régionale hostile à Téhéran.

Il conclut en affirmant qu’une superpuissance âgée de 250 ans, habituée aux guerres, se trouverait face à un adversaire qui « n’accepte pas la fin ». Et que, si — comme l’a dit le dirigeant iranien — un porte-avions américain venait à être coulé, l’ère Trump (ou celle de tout autre président) serait, de fait, terminée.

Fin/229

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