Agence de presse AhlulBayt (ABNA) : Ulianov, représentant permanent de la Russie auprès des organisations internationales à Vienne, est l’un des responsables russes les plus impliqués dans les discussions liées aux questions nucléaires et aux mécanismes de coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Dans des propos relayés ces derniers jours, il a attribué l’impasse actuelle à l’absence de volonté politique américaine et à la persistance d’une approche fondée sur la pression, estimant que cette ligne de conduite réduit la marge de manœuvre des initiatives diplomatiques.
Selon lui, la multiplication des exigences et conditions, combinée au maintien de sanctions unilatérales, affaiblit la confiance nécessaire à des négociations sérieuses. Il a souligné que la diplomatie ne peut progresser durablement lorsque l’une des parties privilégie la coercition économique et les menaces plutôt que des engagements vérifiables et réciproques.
Le diplomate russe a, dans ce contexte, indiqué que Moscou reste disposée à agir comme facilitateur ou médiateur, si les parties manifestent une intention réelle de réduire les tensions. Il a évoqué la possibilité de canaux de dialogue indirects, ainsi que l’importance de mesures graduelles visant à restaurer la confiance, notamment à travers des arrangements techniques et des étapes synchronisées.
Des observateurs rappellent que la Russie a, par le passé, participé à divers cadres de négociation liés au Plan d’action global commun (PAGC/JCPOA) et à ses mécanismes de mise en œuvre, tout en plaidant pour un retour au respect intégral des engagements. Moscou soutient généralement l’idée que la résolution des différends doit passer par des instruments multilatéraux, en conformité avec le droit international, et non par des décisions unilatérales ou des pressions extraterritoriales.
Les déclarations d’Ulianov interviennent alors que le dossier nucléaire iranien demeure au centre de tensions récurrentes entre l’Iran et les États-Unis. Téhéran affirme, à maintes reprises, que son programme nucléaire est pacifique et encadré par ses obligations au titre du Traité sur la non-prolifération (TNP), tout en dénonçant les sanctions américaines comme illégales et contraires aux engagements internationaux. Les responsables iraniens soutiennent également que l’expérience des dernières années a démontré l’inefficacité de la « pression maximale » et la nécessité d’une approche fondée sur des garanties et le respect mutuel.
Dans les milieux diplomatiques, plusieurs analystes estiment que l’offre russe de médiation vise à contenir une escalade régionale, tout en réaffirmant le rôle de Moscou dans l’architecture de sécurité eurasiatique et au sein des enceintes internationales. D’autres soulignent que toute médiation dépendrait, en pratique, de la volonté américaine de traduire ses déclarations en mesures concrètes, notamment sur la question des sanctions et de la mise en œuvre des engagements.
Parallèlement, des responsables iraniens ont répété que tout accord durable nécessite des garanties contre un nouveau retrait américain et des mécanismes empêchant la politisation des dossiers techniques. Pour plusieurs acteurs régionaux, l’absence de solution diplomatique accroît les risques de malentendus et de crises, d’où l’importance de canaux de communication fiables et d’initiatives de désescalade.
Dans cette atmosphère, la prise de position d’Ulianov, mettant en cause le blocage américain tout en proposant une médiation, s’inscrit dans une série d’appels internationaux à privilégier la négociation et à s’éloigner d’une logique de menace, considérée comme génératrice d’instabilité.
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