L’assassinat d'un otage japonais par Etat Islamique

 L’assassinat d'un otage japonais par Etat Islamique

Le gouvernement japonais n'avait pas officiellement confirmé, ce samedi soir, la décapitation de Haruna Yukawa, l'otage dont Daech a revendiqué l'exécution dans une vidéo. Les Etats-Unis ont en revanche condamné ce «meurtre brutal». Tous appellent à libérer le second otage ainsi que «tous les autres».

Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) : Le  meurtre du citoyen japonais Haruna Yukawa  aux mains du groupe Etat Islamique en Irak et en Syrie n'avait pas encore été confirmé par les autorités japonaises. Sur une vidéo, Kenji Goto, l'autre otage japonais d'EI tient dans sa main une photo qui montrerait la décapitation de Haruna Yukawa. DR

La Maison blanche n'a pas attendu la confirmation de la mort d'un otage japonais aux mains du groupe Etat Islamique (EI ou Daech) en Irak et en Syrie annoncée dans une vidéo. Washington a «fermement» condamné ce samedi soir «le meurtre brutal du citoyen japonais Haruna Yukawa par le groupe terroriste Etat islamique».

Dans l'image fixe partagée surInternet, un autre otage japonais, Kenji Goto, tient une photographie montrant le premier décapité. Le «survivant» appelle à l'aide le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, pour le faire libérer.

Le président américain Barack Obama, en route pour un déplacement en Inde, n'a pas attendu les résultats officiels de l'authentification de cette vidéo pour présenter ses «condoléances au peuple japonais» et demander la libération du second otage nippon. «Le meurtre brutal présumé de Haruna Yukawa et les autres menaces faites par l'EI rappellent une nouvelle fois la barbarie meurtrière de ces terroristes», a indiqué pour sa part dans la soirée le Premier ministre britannique David Cameron.

Près de 36 heures après la fin de l'ultimatum du groupe Etat islamique (EI),les autorités japonaises s'employaient à vérifier l'authenticité de ce document. «L'image montrant Haruna Yukawa apparemment assassiné est en cours d'examen, nous devons encore l'analyser», avait précisé le ministre de la Défense, Gen Nakatani.

La vidéo authentifiée par des spécialistes américains

Aux Etats-Unis, toutefois, le centre américain spécialisé dans la surveillance en ligne de la mouvance jihadiste «Site» a affirmé que son groupe était en mesure de confirmer l'authenticité de l'enregistrement, «du fait de (ses) recherches approfondies et de (sa) connaissance de l'infrastructure de l'EI et d'autre groupes jihadistes sur internet», a précisé la directrice Rita Katz.

Selon elle, «la vidéo a bien été diffusée par l'EI» même si «elle ne présente pas les mêmes caractéristiques des précédentes vidéos de décapitation». En effet, «le montage a visiblement été fait à la hâte et il manque les habituels logos d'Al-Furqan media foundation, bras armé médiatique de l'EI». Cette vidéo est en outre contestée sur les réseaux sociaux par des internautes soutenant l'EI.

Le Japon ne «cédera pas aux menaces terroristes»

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a dénoncé des procédés inadmissibles à l'issue d'une réunion de crise tenue en urgence. Il a juré de répondre fermement. «Nous allons continuer de combattre le terrorisme, avec la communauté internationale», a-t-il déclaré à l'ouverture de ce conciliabule peu après 1 heure à Tokyo (samedi 17 heures en France).

Dans la journée, le gouvernement a continué d'activer tous les canaux pour sauver ses deux otages, les experts l'invitant à tenter d'établir le contact via les relations tissées dans la région, notamment avec la Jordanie et la Turquie. Shinzo Abe avait déjà présidé une réunion de crise dans la journée de samedi, et téléphoné en fin d'après-midi au roi Abdallah II de Jordanie pour lui demander à nouveau son aide, selon un communiqué officiel.

Le gouvernement japonais, qui subit la pression des dirigeants étrangers pour ne rien lâcher, a réaffirmé sa détermination à «ne pas céder aux menaces terroristes».

Selon Reuters, Kenji Goto, journaliste indépendant, est l'auteur de plusieurs livres d'enquête. Il avait rencontré Haruna Yukawa, 43 ans, l'an dernier et l'avait aidé à se rendre en Irak en juin.

Une demande de rançon de 200 millions de dollars

La diffusion de la vidéo annonçant la mort violente d'un des deux otages japonais de Daech est intervenue près de 36 heures après l'expiration de l'ultimatum de 72 heures posé mardi dernier par les islamistes de l'EI. Dans une vidéo diffusée sur des sites jihadistes, le groupe qui contrôle de larges pans de territoire en Irak et en Syrie menaçait d'exécuter les deux Japonais à moins de recevoir une rançon de 200 millions de dollars. On y voit un homme habillé en uniforme jihadiste noir, tenant un couteau, parler en anglais devant une caméra en se tenant au milieu de deux otages habillés d'une tenue orange.

Vendredi, des sympathisants du groupe jihadiste ont publié un message affirmant que le «compte à rebours a commencé», après la fin de leur ultimatum à 6h50. Selon AP, le message s'accompagne de l'image d'une horloge décomptant jusqu'à zéro et des photos d'anciennes décapitations, mais aucune des deux otages japonais. Il a été publié sur un forum populaire auprès du groupe Etat islamique, où des vidéos de Daech sont parfois publiées en premier.

(Capture d'écran de la vidéo non authentifiée. Kenji Goto tient dans sa main une photo qui montrerait la décapitation de Haruna Yukawa)

Fin/229


Faite Entrer votre commentaire

Votre e-mail ne sera pas publiée . Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Pages spécial pour  le martyre de Général Qassem Soleimani  Et Abu Mahdi Almohandes
conference-abu-talib