Raïssi en Russie, pourquoi?

Raïssi en Russie, pourquoi?

La visite de Seyyed Ebrahim Raïssi en Russie, invité officiel de son homologue Vladimir Poutine, pourrait une nouvelle fois réhabiliter les relations en suspens Téhéran-Moscou et leur donner un caractère stratégique.

Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) : A cette occasion, le site analytique iranien Mashregh News a publié un article sur les relations irano-russes et nous présente quelques points qui méritent réflexion:

1- La visite du président iranien à Moscou peut faire une démonstration de la qualité diplomatique de Téhéran aux Russes et en faire un outil de marchandage. La province d'Astrakhan, le grand port de Solyanka, la succursale de Mir Business Bank à capital iranien ainsi que le centre d'affaires iranien dans ce port font également partie des points qui peuvent figurer à l’agenda de M. Raïssi.

2- Vu l'importance de la Route de la Soie, il est nécessaire de pouvoir transférer le point hub vers notre sphère d'influence et d’entrer dans la stratégie de l’Elbourz (Caucase du Nord) avec la Russie. Avec une compréhension approfondie de la situation, nous pouvons reconstruire le corridor Nord-Sud ainsi que les politiques de transport et de transit.

3- Suppression de la double imposition sur le droit de transit ; la suppression des taxes routières pourrait être au centre des discussions bilatérales.

4- L'annulation ou la facilitation du visa est l'une des questions à laquelle il faut faire attention. L'activation du corridor nord-sud sans annulation de visa n'a aucun effet. Le résultat des négociations avec la Russie devrait être tangible et le canal d'exportation facilité.

5- Le développement de l’axe Iran-Russie-Chine, ainsi que l'activation de l'axe Iran-Inde-Russie sous forme de corridors. L'accord bilatéral Chine-Iran et le partenariat global Chine-Russie créent les conditions d'un partenariat tripartite entre les trois pays, qui pourrait déterminer la structure de sécurité de la région.

6- Au niveau régional, l'Iran et la Russie se sont traditionnellement considérés comme une force stabilisatrice face à des défis et des menaces communes, dont le terrorisme, la criminalité transnationale et le trafic de drogue. Bien sûr, il existe des lignes complémentaires et des contradictions entre les deux parties. La République islamique d'Iran et la Russie peuvent également parvenir à une stratégie équilibrée en s'appuyant sur une confiance mutuelle constructive.

L'élaboration d'un plan de coopération stratégique commun entre Téhéran et Moscou a conduit les Américains à se démener en tant que perdants.

Ces derniers jours, la création d’une fausse pression psychologique sur le rôle de la Russie dans les pourparlers de Vienne doit être interprétée comme plus qu'un tapage médiatique. Le courant pro-occidental au Kazakhstan a ciblé la stratégie conjointe Ankara-Moscou en armant des terroristes transrégionaux, et a étendu ses aspects à la visite du président iranien en Russie.

Cette guerre aux multiples facettes échouera par l’établissement d’une relation tangible et efficace entre Téhéran et Moscou. Aujourd’hui, le rôle de la Russie dans les négociations de Vienne ne va pas au-delà du rôle qu’elle a joué lors de la signature de l’accord de 2015. Tout en se sentant en danger par un pacte de coopération conjointe entre l’Iran et la Russie, les Américains ont tenté d’empoisonner l’ambiance interne afin de semer la zizanie et de dissocier les liens régionaux forts.

Nous devons faire de la visite de M. Raïssi en Russie, un nouveau chapitre dans les relations bilatérales. Il faut garder à l’esprit qu’aucune relation stratégique ne sera stable sur la base de la faiblesse de l’autre partie. Plus nous sommes forts, plus nous aurons de chance d’être acceptés par les autres ; la relation avec Moscou nécessite une intelligence et une délicatesse particulière !

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