La souffrance du racisme et des inégalités en Angleterre, selon la première maire voilée

La souffrance du racisme et des inégalités en Angleterre, selon la première maire voilée

Raqiya Ismail, la première maire voilée de l'histoire britannique, a été contrainte de démissionner du Parti travailliste britannique, à cause des discriminations raciales et de l'islamophobie.

Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) : Roghaye Ismail, une Somalienne vivant en Grande-Bretagne, était la première maire voilée de Grande-Bretagne et un exemple clair du succès des femmes musulmanes dans les postes officiels du pays.

Au milieu des années 1980, elle a émigré en Angleterre avec ses parents, et a passé son enfance, son adolescence et sa jeunesse dans le quartier d'Islington au nord-ouest de Londres. Raqiya Ismail a passé plus de 20 ans de sa vie dans diverses activités caritatives à Islington et auprès de la minorité somalienne vivant en Grande-Bretagne. Elle a toujours défendu le peuple palestinien et a participé aux manifestations contre la guerre au Moyen-Orient et contre l’oppression que subissent les musulmans du Myanmar.

Avant d'être élue au conseil municipal d'Islington en 2012, ses activités philanthropiques l'ont menée à se lancer dans la politique et elle est devenue membre actif du Parti travailliste britannique. Raqiya Ismail a été élue maire d'Islington en mai 2019, après avoir siégé avec succès au conseil municipal. Cependant Raqiya Ismail a été forcée de démissionner du Parti travailliste en octobre 2020, en raison de la politique raciste qui gouverne la Grande-Bretagne et malgré ses succès politiques dans la lutte contre les discriminations raciales.

La démission de Raqiya Ismail a de nouveau soulevé la question du racisme en politique et a nui à la minorité musulmane de Grande-Bretagne. Certains pensent que cette démission peut être un avertissement au sujet des nombreux obstacles que rencontrent les femmes musulmanes.

Dans un entretien avec Al Jazeera Net, Raqiya Ismail a déclaré : « Ma démission était due aux obstacles placés sur la voie de mes activités par le conseil municipal. Ils ont coupé l'aide aux habitants de cette région et je pense que c'était à cause de leur islamophobie.

J’ai senti qu'il y avait un sentiment croissant de haine envers les musulmans de la part de certains collègues. Par exemple, on m'a interdit toute activité officielle, ce qui m'a bouleversée. Mes comptes au conseil ont été fermés simplement parce que je voulais défendre les droits des personnes qui m’avaient élue et parce que j'avais présenté de nombreux plans pour les aider.

J'étais dans une situation difficile. J'ai été profondément attristée parce que je voulais seulement aider les gens de ce quartier mais ma voix n'a pas été entendue, mes objectifs n'ont pas été atteints et aucune appréciation ou attention n'a été accordée à mes activités, même par les membres du parti auquel j'appartiens.

Je crois qu’on me considérait comme un moyen pour obtenir les votes des Noirs, des immigrés, des musulmans et des femmes voilées, et pour donner une image favorable de la politique britannique à l'étranger « qui permet à chacun d'avancer et d'accéder à des positions gouvernementales ». Mais en fait, après avoir commencé à travailler, tout a complètement changé et j'ai été franchement déçue.

Lorsque je suis entrée en politique, je croyais aux valeurs de justice et d'égalité politique, que tous les gens étaient égaux et pouvaient réussir et prospérer. Beaucoup de ces obstacles venaient du fait que je suis une femme musulmane forte, que je défends fermement mes idées, que j’exprime ouvertement mes opinions et que je discute dans les décisions.

On pense qu'une femme musulmane doit rester assise sur sa chaise et ne rien faire. Je n’étais pour eux, qu’un signe de la présence des femmes dans la société. J'ai refusé d'être juste une image et de ne rien faire. Des hommes blancs avec qui j'ai travaillé, étaient les chefs de certaines agences gouvernementales.

Ils ne voulaient pas m'écouter, n’accordaient aucune valeur à ce que je disais et ne répondaient pas aux questions que je posais. Je voulais être entendue parce que j'avais été élue par les citoyens, parce que je représentais la nation et que mon devoir était de porter leurs problèmes à l'attention des responsables qui devaient s'en occuper.

Les dirigeants n'apprécient pas les principes et les valeurs que je défends. Je suis sûr que je n'aurais jamais souffert comme ça si j'étais une femme blanche. Je n'ai eu aucun contact pour expliquer les raisons de ma démission ou les problèmes auxquels je faisais face. Tout le monde a traité ma démission avec indifférence, comme si quelque chose de normal s'était passé.

Les citoyens que je représentais ont été très surpris par cette décision car ils estiment que mes slogans sur l'égalité et le fait de donner à chacun une chance ne se sont pas encore concrétisés.

Bien que je sois la seule femme voilée du conseil municipal, mes paroles n'ont pas été écoutées et je n'ai trouvé personne qui prête attention à mes revendications. Bien que j’ai encore le devoir de représenter les musulmans et les citoyens de mon quartier, je ne travaille plus désormais avec les politiciens et les décideurs de ce conseil ».

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