Hudaydah: échec du plan saoudo-émirati

Hudaydah: échec du plan saoudo-émirati

Interviewé par l’agence de presse iranienne Tasnim News, l'expert iranien des questions de l’Asie de l’Ouest, Saadollah Zarei, s’est penché sur les récents développements militaires dans la province de Hudaydah à l’ouest du Yémen.

Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) : « Ce qui s'est passé à Hudaydah, c'est que les forces affiliées aux Émirats arabes unis, qui étaient stationnées le long de la frontière occidentale du Yémen et sur les rives de la mer Rouge, ont quitté la plupart de leurs positions. En fait, elles ont évacué une zone de 120 km de large et 10 km de profondeur. Il s'agit d'un événement majeur qui annonce des changements fondamentaux et géopolitiques dans le processus de la guerre au Yémen », a-t-il dit.

En allusion aux tentatives saoudo-émiraties de bloquer la connexion d'Ansarallah à la mer Rouge, il a souligné : « Ils avaient pour objectif de mettre les Yéménites dans une situation très difficile et de briser leur résistance, mais ce qui s'est passé sur place était le contraire et c'est le plan des Saoudiens et des Émiratis qui s’est soldé par un échec. En effet, après environ cinq ans de tentatives visant à occuper la côte ouest du Yémen, ils ont finalement été contraints de quitter une grande partie de la côte. »

Selon lui, la victoire d'Ansarallah à Hudaydah ouvrira la voie de l'étranger, et cette victoire constitue un événement stratégique, beaucoup plus important que la libération de Maarib. Parce que Maarib se trouve au centre du Yémen et que Hudaydah est une porte d'entrée vers l'étranger. 

En ce qui concerne les effets du contrôle par Ansarallah de Hudaydah sur les événements politiques et militaires, M. Zarei a indiqué : « Sur le terrain, lorsque les forces saoudo-émiraties et leurs mercenaires n'ont pas réussi à maintenir les côtes de Hudaydah, cela signifie qu’ils ont admis leur échec, et l’acceptation de la défaite affecte naturellement le moral des agents saoudiens-émirati à Taëz, à Aden, à Mukalla et dans d'autres zones sous leur contrôle. »

En réponse à la question de savoir s’il était possible que les forces émiraties aient quitté Hudaydah pour empêcher la chute de la ville de Maarib, il a dit : « Les forces déployées à Maarib sont différentes de celles stationnées à Hudaydah. Les forces de Hudaydah étaient des Émiratis et des agents affiliés au Conseil de transition du Sud, mais à Maarib, ce sont les forces saoudiennes et les pro-Hadi qui sont présentes. Ces forces ont de fortes différences les unes avec les autres. Il est hors de question que ces forces puissent atteindre Maarib à partir de Hudaydah, d’autant plus que l'importance de la préserver est beaucoup plus grande que celle de Maarib. »

Concernant le retrait d’Abou Dhabi de Hudaydah, il a précisé qu’au cours de ces derniers jours, les combattants d’Ansarallah avaient porté des coups durs aux forces émiraties et à leurs agents depuis trois axes.

« Les Émiratis se sont rendus compte qu'après la fin de l'opération de l'armée yéménite et d'Ansarallah à Maarib, qui est très imminente, la prochaine destination sera Hudaydah, ils ont donc décidé de quitter la ville côtière à l'avance afin d'éviter d'une manière ou d'une autre une perte définitive et de suggérer que « nous nous sommes retirés intentionnellement », et ce alors que l’évacuation de Hudaydah n'était pas un choix pour Abou Dhabi, mais une contrainte », a-t-il ajouté.

Quant aux impacts des évolutions de Hudaydah sur l’Arabie saoudite, cet expert des questions de l’Asie de l’Ouest a expliqué : « Ce qui s’est passé sur la côte ouest du Yémen, augmente la pression sur les Saoudiens, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, et affaiblit gravement la position de l'Arabie saoudite. L’emprise d'Ansarallah sur Hudaydah semble avoir été un coup dur pour l'Arabie saoudite, tandis que Riyad est toujours sous pression, pression qui s'intensifiera après la fuite des forces émiraties des côtes occidentales du Yémen.

A propos de la possibilité de pourparlers politiques pour mettre fin à la guerre, il a déclaré : « Selon Abou Dhabi et ses alliés, la guerre au Yémen est terminée et ils doivent accepter la situation actuelle en faveur d’Ansarallah. Dans les prochains jours, il semble que nous assisterons à une série de pourparlers directs entre Ansarallah et les parties du sud (forces soutenues par les Émirats arabes unis) pour mettre fin à la guerre au Yémen. »

S’agissant des évolutions en cours sur le front de Maarib, les combattants d’Ansarallah ont abattu, le 13 novembre, un autre drone Boeing Insitu ScanEagle de fabrication américaine au-dessus de la province de Maarib.

Dans un communiqué, le général Yahya Saree, porte-parole des forces armées yéménites, a déclaré que le drone avait été abattu avec une « arme appropriée » au-dessus du district d'al-Juba.

Il s'agissait du deuxième drone ScanEagle à être abattu par les défenses aériennes d’Ansarallah au-dessus de Maarib en moins d'une semaine, et le sixième cette année.

Le 20 juin, un premier drone a été abattu au-dessus du district de Sirwah. Le 21 juin, un deuxième a été abattu au même endroit. Le 14 août et le 27 septembre, un troisième et quatrième drone ont été abattu au-dessus du district de Medghal. Le 9 novembre, le cinquième drone a été abattu au-dessus du district d'al-Juba.

Le drone était très probablement une variante du ScanEagle 2 qui est entrée en service dans l'armée américaine en 2014. Cet exemplaire a une vitesse de pointe de 148 km et une autonomie de plus de 16 heures. Il est principalement utilisé pour des missions d’espionnage. Il est équipé d'un capteur capable de jour et de nuit, d'un système vidéo entièrement numérique et d'un système de navigation avancé.

Les États-Unis ont peut-être utilisé des drones ScanEagle pour espionner l'offensive en cours d’Ansarallah contre la coalition dirigée par les Saoudiens. Une autre possibilité est que ces drones aient été livrés à l'Arabie saoudite plus tôt cette année dans le cadre d'un contrat non annoncé.

Il convient de noter que l'administration Biden a prétendu qu'elle avait mis fin au soutien « offensif » à la coalition plus tôt cette année.

De même, des affrontements intenses ont lieu entre l'armée et Ansarallah, et les forces de la coalition saoudienne dans la ville de Hays, au sud de la ville de Hudaydah, et les lignes de contact entre les villes d'al-Juba et de Wadi Abida.Des sources ont déclaré à Al-Mayadeen que les avions de combat saoudiens avaient ciblé les monts d’al-Arif, la dernière chaîne de montagnes d’al-Juba, dans la ville de Maarib, la capitale provinciale.

Elles annoncent que les forces armées yéménites se trouvent à trois ou quatre kilomètres du point de sécurité d'al-Falaj à l'entrée sud de Maarib.

Au cours des dernières heures, au moins 10 mercenaires de la coalition saoudienne, dont le colonel Haitham Bari, ont été tués et plusieurs autres blessés près de la ville portuaire de Hudaydah.

Mohammad Alwan, député de la province de Maarib, a déclaré à Al-Mayadeen que la libération de Maarib était définitive et que les tribus de la province étaient impliquées dans la libération des zones restantes, avec l'armée et les Comités populaires.

Il a souligné que « dans les prochains jours, nous assisterons à des développements inattendus et les villes restantes de la province de Maarib seront libérées et les tribus souhaitent l'arrivée de l'armée yéménite à Maarib ».

Des sources yéménites ont également révélé à Al-Mayadeen que la province de Hudaydah a été complètement nettoyée, à l'exception de la ville d'al-Khokha, et que le retrait des forces de la coalition saoudo-émiratie de la côte occidentale était dû aux inquiétudes des États-Unis et des Émirats concernant les développements à Maarib.

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