"La Russie refuse toujours de répondre à la requête israélienne"

Le journal israélien Haaretz citant des sources diplomatiques haut placées à Tel-Aviv, le confirme : la Russie s'est refusée à dire "oui" à une requête d'Israël selon laquelle "le Hezbollah et l'Iran devront quitter la Syrie". Le "niet" russe a été prononcé en dépit "d'intenses coordinations entre la Jordanie et Israël" qui "ont mis sous pression la Russie pour avoir gain de cause". Se référant à de hauts diplomates israéliens, l'article signé Zvi Bar'el, évoque d'abord la crise économique qui a violemment secoué ces dernières semaines la Jordanie pour affirmer que cette crise est bien loin d'être la seule à laquelle se heurte le royaume :

Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) : " De concert avec Israël, Amman a été chargé de mettre sous pression la Russie pour chacun des accords que ce pays envisage de signer avec l'Iran, la Syrie ou la Turquie et qui touchent les frontières syriennes avec la Jordanie. Israël et la Jordanie attendent de Moscou qu'il mette à profit son influence pour réduire le poids de l'Iran et de ses "proxys" sur la scène syrienne, mais la Russie se refuse de répondre. Il semblerait que Moscou ne veuille à aucun prix avoir un face-à-face diplomatique avec son allié stratégique qu'est l'Iran".

L'auteur se réfère toujours aux diplomates précités pour expliquer le pourquoi des pressions exercées sur la Russie à ce stade des choses : " En effet, le retrait US de l'accord nucléaire signé avec l'Iran, le retour des sanctions anti-iraniennes, l'approche bien opaque de l'Europe vis-à-vis de ces sanctions et puis le rapprochement de l'Iran à la Russie et à la Chine ont exhorté Israël et la Jordanie à travailler sur l'option russe, car autant la Chine refuse d'exiger des concessions aux parties avec qui elle commerce, autant la Russie a l'habitude de faire payer à ses alliés le prix politique de son alliance et elle sait même faire monter les enchères".

La Russie a beau condamner le retrait de Trump de l'accord de 2015, mais elle sait pertinemment à quel point ce retrait l'aiderait à raffermir ses liens avec Téhéran. Ceci étant dit, les rapports entre Téhéran et Moscou ne sont pas tels que d'aucuns le croient. Le Leader suprême de la Révolution islamique d'Iran est bien loin de suivre tous les conseils qui lui arrivent de Moscou.

Et l'orientaliste israélien de poursuivre :

"À vrai dire, les Russes cherchent à conclure des accords à la fois avec la Syrie, la Turquie et l'Iran sur ce que devrait être l'avenir de la Syrie et leurs efforts inquiètent la Jordanie surtout que le Hezbollah et les forces pro-iraniennes se trouvent non loin des frontières du nord de la Jordanie. Selon les diplomates israéliens, une réunion tripartite aurait dû avoir lieu à Amman en présence des délégations russe, américaine et jordanienne pour décider de la supervision des zones de désescalade. Suivant ce plan, les forces pro-iraniennes devraient quitter les frontières syro-jordaniennes pour être remplacées par les forces syriennes. Or, la Jordanie a fini par annuler cette réunion sous pression de Tel-Aviv. Puisqu’Amman avait peur que les forces iraniennes continuent d'opérer secrètement à ses portes. Tel-Aviv a demandé à la Russie d'évacuer les forces iraniennes à 70 kilomètres des frontières avec le Golan. La Jordanie a d'ailleurs été d'accord avec cette demande, elle qui ne cesse de coordonner toutes ses actions avec Israël".

Après avoir ainsi exprimé sa déception de voir la Russie refuser de répondre par l’affirmative à la demande de Tel-Aviv, l'analyste se met à évoquer la situation en Jordanie :

    "La Jordanie est l'un des pays arabes stratégiquement importants qui fait partie du camp pro-Occident. C'est d'ailleurs l'un de nos remparts face à la montée en puissance de l'Iran dans le sud de la Syrie. Et pourtant les premiers doutes se sont emparés d'Amman quand les manifestants sont descendus dans la rue de la capitale jordanienne en scandant des slogans anti-gouvernement qui se sont vite tournés aux slogans anti-roi. La Jordanie a désormais peur des événements qui remettent en cause sa sécurité à une plus vaste échelle. Et puis l'aide octroyée au royaume dans le cadre de la conférence de la Mecque et qui ne dépasse pas les 2.5 milliards de dollars est loin de la satisfaire. Quant à Doha, son aide n'atteindrait la Jordanie que si celle-ci accepte de promouvoir ses relations avec le Qatar. Les propos du nouveau Premier ministre où il affirme ne permettre à aucun pays de faire chanter la Jordanie s'adressent à Riyad. Ce qui n'augure rien de bon pour la suite des événements surtout que Riyad cherche à avoir la gestion des lieux saints de Jérusalem (Qods) alors que l'accord israélo-jordanien assure à la Jordanie la tutelle de ces lieux. En d'autres termes, la digue que constitue pour le moment la Jordanie face à l'Iran et puis dans une certaine mesure, face à la Russie, risque à tout moment de s'écrouler".

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