L ’Arménie dans le viseur d’Israël

L ’Arménie dans le viseur d’Israël

Le chef de l’opposition arménienne, Nikol Pachinian, a été élu mardi 8 mai dernier, par le Parlement au poste de Premier ministre.

Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) : Son élection intervient après une révolution pacifique marquée par des manifestations de masse contre la corruption, le népotisme et les difficultés économiques.

Au commande du pays depuis dix ans, le président Serge Sarkissian espérait prolonger son pouvoir en devenant Premier ministre, mais il a été contraint à la démission, le 23 avril dernier, face à l’ampleur des manifestations qu’il semble ne pas avoir anticipées.

Depuis le 13 avril, Nikol Pachinian a mobilisé des dizaines de milliers d’Arméniens pour manifester pacifiquement contre le Parti républicain et l’ancien président Serge Sarkissian (2008-2018). Tous deux étaient accusés de ne pas avoir lutté efficacement contre la pauvreté et la corruption.

Candidat des manifestants, Nikol Pachinian, 42 ans, avait été débouté, une semaine avant son élection. Ses adversaires du Parti républicain au pouvoir, disposant de 58 sièges sur 105, avaient alors fait bloc contre lui pour le mettre en échec. Il avait alors appelé à une grève générale, soutenu par un large mouvement de « désobéissance civile » qui s’est rallié à sa personne. Devant la paralysie du pays, un nouvel accord a été conclu avec le Parlement, et les Républicains ont décidé d’assurer 11 voix à Nikol Pachinian pour permettre son élection, même si la majorité des députés du parti ont voté contre pour exprimer leur opposition à sa candidature.

Mais l’avènement de cet ancien journaliste ne devrait pas pour autant mettre fin à la crise secouant depuis la mi-avril ce pays de 2,9 millions d’habitants, puisque ses adversaires du Parti républicain disposeront toujours de la majorité au Parlement.

La prochaine étape consistera pour lui à organiser de nouvelles élections afin d’obtenir une majorité, en s’appuyant sur la dynamique qui l’aura porté au pouvoir. La chose ne sera pas aisée, car le Parti républicain au pouvoir ne s’avouera pas vaincu aussi facilement.

Dès ses premières déclarations, Nikol Pachinian, dont les sympathies pro-occidentales sont avérées, (rappelons-nous qu’il fut le bras droit de l’antirusse farouche et pro-atlantiste Levon Ter-Petrossian, ex-premier président de l’Arménie indépendante), a immédiatement réaffirmé son alliance stratégique avec Moscou, une façon de rassurer la Russie qui pouvait craindre un scénario à l’ukrainienne.

Vladimir Poutine a félicité dans un télégramme le nouveau Premier ministre en espérant qu’il saura « renforcer les relations amicales et d’alliés » entre les deux pays aux forts liens économiques.

On sait que Moscou a des intérêts stratégiques importants en Arménie, qui héberge à Guioumri la seule base militaire russe dans le sud-Caucase. Guioumri reste le dernier point d’appui sur le flanc sud de la Russie, dans une région particulièrement volatile. L’alliance militaire a des racines anciennes fondées dans la proximité religieuse entre l’orthodoxie russe et arménienne.

Mais en tournant le dos à l’ours russe, l’Arménie aurait également beaucoup à perdre, en effet, sans l’alliance politique avec Moscou, Erevan ne peut pas faire face économiquement et énergétiquement, sans compter que cela la mettrait en grand danger face à la menace de son voisin azerbaidjanais qui en profiterait immédiatement pour relancer les hostilités au Haut-Karabagh.

« Un divorce avec la Russie conduirait à des risques si importants qu’en cas de succès, Nikol Pachinian, “le russo-sceptique” serait très probablement conduit à faire un virage à 180 degrés pour se rapprocher de la Russie », estime Serguei Markedonov, expert chez Carnegie à Moscou.

Mais il y a un autre acteur dont les analystes ne parlent jamais concernant la situation en Arménie : l’entité sioniste criminelle israélienne. Son intervention dans ce pays vise son ennemi intime, la République islamique d’Iran, dont les excellentes relations avec Erevan inquiètent depuis toujours Washington et Tel-Aviv.

L’indépendance arménienne de 1991 a marqué une nouvelle coopération entre les deux pays, et l’on sait notamment que l’Iran administre la mosquée bleue d’Erevan, et d’une certaine façon, l’Islam en Arménie.

Celui-ci est ultra-minoritaire parmi les citoyens, concernant quelques Kurdes sunnites et une poignée d’Azéris. Mais le chiffre augmente considérablement si l’on inclut les citoyens iraniens (plusieurs milliers) venus travailler en Arménie, souvent en créant de petites entreprises. Récemment, l’Iran s’est impliqué dans la restauration de la mosquée de Chouchi, dans le territoire contesté du Haut Karabakh, traduisant un soutien tacite à l’Arménie dans son conflit face à l’Azerbaïdjan.

Le tourisme est par ailleurs favorisé avec la libéralisation des visas entre les deux pays, mesure mise en place en 2017. Mais c’est surtout la coopération en matière énergétique qui est fondamentale, l’Iran fournissant du gaz à l’Arménie.

Pour Téhéran, l’Arménie représente donc un débouché pour les exportations commerciales et gazières, ainsi qu’une porte d’entrée pour une influence iranienne dans le Caucase, en partenariat avec la Russie.

Mais si l’Arménie de Pachinian décidait de prendre un virage pro-occidental, cela permettrait à l’entité sioniste criminelle de s’enraciner davantage dans la région du Caucase, pour faire d’Erevan une base arrière, comme il l’a fait de Bakou en Géorgie.

Comme le souligne le site d’information « Press TV » : « À l’heure où le régime israélien crie à-tue-tête qu’il est encerclé par l’Iran en Syrie, c’est l’inverse qui est sur le point de se produire : l’Azerbaïdjan et la Turquie, tout comme le Kurdistan irakien, offrent de solides bases au régime israélien. Avec une Arménie pro-Tel-Aviv, la boucle sera bouclée ».

 

Le Parti Anti Sioniste souhaite que cette révolution de velours arménienne ne soit pas une nouvelle tentative d’ingérence américano-sioniste à visée politique pour contrôler ce pays dans le sens de ses intérêts.

Espérons que Nikol Pachinian soit le vrai Patriote qu’il semble être et qu’il est sincère quand il déclare sagement qu’il n’est « ni pro-américain ni pro-russe, mais pro-arménien ».

Nous lui souhaitons de réussir sa mission de sortir son pays de la crise économique, sans tomber dans le piège de l’impérialisme occidental qui lui tend les bras, en lui promettant dollars et opulence.

Les Arméniens, ce peuple profondément chrétien, devra s’accrocher fermement à ses valeurs et principes religieux afin de rester éveillé face aux manigances des sionistes, visant à l’utiliser dans la guerre qu’ils mènent contre l’Iran et l’Axe de la Résistance.

Fin/229


Faite Entrer votre commentaire

Votre e-mail ne sera pas publiée . Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Quds cartoon
Iran à 40 ans de révolution